Transports franciliens : l'été infernal des usagers, entre travaux et canicule
Transports franciliens : l'été infernal des usagers

Depuis le début de l'été, les usagers des transports en commun d'Île-de-France vivent un véritable calvaire. Entre les travaux massifs menés par la RATP et la SNCF, la canicule et les pannes à répétition, le réseau est devenu un parcours du combattant. Les témoignages recueillis par 20 Minutes dressent un constat alarmant : retards quotidiens, trains supprimés, bus de substitution bondés, et une chaleur étouffante dans des rames souvent vétustes. La goutte d'eau qui fait déborder le vase : la ligne B du RER, qui transporte 980 000 voyageurs par jour, est interrompue entre Gare du Nord et Bourg-la-Reine, pénalisant notamment les touristes venant de l'aéroport Charles-de-Gaulle.

Des usagers à bout, des trajets qui s'allongent

Laëtitia, habitante du Val-d'Oise, travaille à Saint-Germain-en-Laye. Elle raconte : « Je travaille à Saint-Germain-en-Laye… Pas de C, pas de B, pas de D, ligne 4 surchargé. Le seul plan qu'il me reste, ce sont les bus. Mais avec des horaires pas toujours respectés et des bus parfois dans un état déplorable. C'est mon premier été dans les transports et je mets entre 1h30 et 2 heures matin et soir au lieu d'une heure… Je craque, je suis à bout… »

Frédérique, usagère du RER D et du Tram 1, doit ajouter entre 20 et 30 minutes à chaque trajet. « Non seulement il y a moins de trains mais en plus, il y a sans arrêt des pannes et les bus de substitution sont bondés. Le soir, ils sont moins fréquents et parfois, ils ne s'arrêtent même pas à mon arrêt. C'est épuisant et une énorme perte de temps », témoigne-t-elle. Arnaud, usager du RER A, est contraint de se reporter sur le RER E, sa station étant fermée quinze jours : « Résultat, j'arrive en retard au travail presque tous les matins. »

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La canicule, un facteur aggravant

À la pagaille des travaux s'ajoute la chaleur. Claudia, usagère régulière, dénonce : « Déjà que les rames du RER sont souvent dans un état déplorable, mais en plus il n'y a pas de climatisation la plupart du temps alors que nous sommes serrés comme dans un poulailler d'élevage, c'est suffocant. » Elle souligne un cercle vicieux : « Avec la chaleur, il y a plus de pannes, c'est encore plus invivable, les gens font des malaises donc les trains sont arrêtés et c'est sans fin. »

Incompréhension sur la planification des travaux

Beaucoup d'usagers s'interrogent sur la gestion du réseau. Vincent, usager du RER D, s'étonne : « Pourquoi faire les travaux tous en même temps. C'est incompréhensible, oui il y a des gens en vacances. Mais la vie ne s'arrête pas, les gens continuent de travailler. » Il ajoute : « Il y a la moitié de Paris qui est toujours là et à ça vous pouvez ajouter les touristes. Sur certains axes, on est quasiment au même nombre que le reste de l'année. »

Raphaël, étudiant qui travaille cet été dans la restauration à Paris, expérimente pour la première fois les transports en été. Il dénonce les « trains fantômes », les « hordes d'usagers à Gare de Lyon qui cherchent désespérément un train dans l'espoir de rentrer chez eux », et l'absence de climatisation. Il ne « comprend pas » l'organisation d'Île-de-France Mobilités : « Cela fait des années que l'on a une "offre adaptée" qui diminue les trains disponibles à cause de travaux. On ne sait pas ce qu'ils réparent, mais on ne voit que les conséquences. On a le sentiment qu'ils découvrent les problèmes et qu'ils ne font rien. » Il rappelle que le RER D a des problèmes récurrents depuis des années.

Une « ségrégation sociale » dénoncée

Pour Raphaël, cette situation constitue une véritable « ségrégation sociale » : les trains s'arrêtent tôt le soir et sont parfois inexistants le week-end, pénalisant ceux qui vivent loin de Paris. Mickaël abonde : « On est juste bon à travailler en fait. On n'a pas le droit de sortir le soir, le week-end, d'avoir une vie sociale. »

Cyrielle, non moins énervée, souligne que le problème ne date pas de cet été : « En réalité, c'est comme ça toute l'année. C'est juste extrapolé l'été parce qu'il y a des travaux et la chaleur. Mais la galère, c'est au quotidien, douze mois par an. Et pendant ce temps-là, on a Pécresse, la RATP et la SNCF qui nous vendent qu'ils sont au taquet mais en vrai… Rien n'avance. »

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Île-de-France Mobilités réagit

Face à cette situation, Île-de-France Mobilités a demandé aux opérateurs de multiplier les bus de remplacement sur les lignes impactées. Aucun remboursement du pass Navigo n'est prévu pour le moment, ce qui suscite la colère des usagers, d'autant que certains, comme Raphaël, mettent 2h30 pour rentrer chez eux le soir.