Le conseil municipal de Sète a voté, lundi 22 juin, la réduction de son objectif de production de logements de 700 unités d'ici 2043, dans le cadre de la révision du Schéma de cohérence territorial (Scot). Cette décision vise à freiner la densité urbaine et à privilégier la qualité du cadre de vie, suscitant des critiques de l'opposition sur la régulation des meublés de tourisme.
Un objectif de 5 488 logements revu à la baisse
Le Scot fixe une programmation résidentielle de 5 488 logements pour la période 2023-2043. Sète a déjà largement entamé cet objectif avec les ZAC de l'entrée Est, notamment le Kursaal (1 800 logements à terme) et les Tonneliers (quartier Est, rive Nord). La Ville explique avoir engagé une réflexion sur la qualité et l'intégration des opérations d'aménagement, la conduisant à revoir à la baisse les capacités de la future ZAC des Tonneliers, un quartier mixte porté par le groupement GGL/SA Elit/Arac Occitanie.
La municipalité entend privilégier la qualité urbaine sur la densité, développer une politique active en faveur des résidences principales, et mieux encadrer le développement résidentiel pour préserver le cadre de vie et l'identité des quartiers. Considérant que le bon sens architectural a parfois été outrepassé, la Ville réduit son objectif de production de 700 logements d'ici 2043, un niveau jugé plus adapté à la réalité de son projet urbain.
L'opposition dénonce l'inaction face aux meublés touristiques
L'opposition municipale a profité de ce coup de frein pour interpeller le maire Hervé Marquès sur le manque de logements sociaux et le dérèglement du marché locatif dû aux meublés de tourisme. Laura Seguin, du groupe Nouvelles Pages, a déclaré : « Actuellement, on n'a aucune garantie que vous allez vous attaquer au problème du logement. Pendant ce temps, 2 500 logements sont entièrement consacrés à la location de meublés. Il y a 20 % de résidences secondaires à Sète. Près de 70 % de leurs propriétaires vivent en dehors de Sète. Qu'allez-vous faire pour réguler ? Ces T2 et T3, on en a besoin pour loger des familles monoparentales, des personnes âgées seules… Des Sétois sont en attente d'un logement social depuis sept ou huit ans. La solution, c'est de réguler les demandes d'autorisation de changement d'usage. Aujourd'hui, vous avez 2 500 logements réservés à de la spéculation, qui ne servent qu'à faire du business. »
Le maire défend sa politique touristique et urbaine
Hervé Marquès a indiqué que la Ville, en lien avec Sète Agglo, se lançait dans une nouvelle définition de la ZAC des Tonneliers, s'inscrivant dans un temps long. Il a balayé l'idée que les meublés de tourisme chassent les familles sétoises : « Vous voulez chasser les Airbnb, mais vous les mettez où, les personnes qui viennent à Sète ? On dit aux touristes de ne plus venir car ça empêche les Sétois de se loger ? Avec le déterminisme social, l'aide à la primo-accession, notre politique touristique… On marche sur vos platebandes et ça vous agace. Mais on ne sera pas l'ennemi du tourisme. » Il a rappelé que le projet municipal, pour lequel les Sétois ont voté, est de reconstruire la ville sur la ville.



