Sourires, musique et retrouvailles étaient au rendez-vous pour la nouvelle édition de la fête patronale de Sospel, le 15 août. Chaque année, les mêmes sons et les mêmes images investissent le village : les aubades dès le matin, la messe à la cathédrale Saint-Michel, la Lyre sospelloise ouvrant le cortège, les parties de boules, puis les flambeaux et la musique lorsque tombe la nuit. Samedi dernier encore, la fête a suivi ce cérémonial familier, que plusieurs générations ont vu se répéter année après année.
Les Jouves du Bâchas reprennent le flambeau
Si la tradition demeure, ceux qui la font vivre changent. Depuis quelques années, les Jouves du Bâchas ont repris le flambeau. Derrière ce nom, une bande d'amis et une volonté : empêcher les fêtes du village de perdre leur souffle. « Les fêtes et animations s'essoufflaient dans notre commune. Nous avions envie de leur redonner de l'élan, de faire perdurer nos traditions tout en les remettant au goût du jour », raconte le président de l'association, Joël Seiller.
Leur nom raconte cette transmission. Avant eux existait le « Bâchas Club », une ancienne association d'animation créée par leurs aînés. Les jeunes Sospellois ont repris cet héritage, ajouté « Jouves », les jeunes, et surtout leur manière de faire. Pas question pour autant de remplacer ce qui existait. Cette année encore, la fête a conservé ses repères : après les aubades, la messe célébrée à 10 h 30 avant le départ du cortège depuis la place Saint-Michel, accompagné par la Lyre sospelloise, puis le dépôt de gerbes au monument aux morts.
Une fête entre générations
L'apéritif sur la place des Platanes ouvrait ensuite la partie plus festive de la journée. L'après-midi, animations et maquillage attendaient les enfants tandis que le concours de boules débutait à 15 heures. Puis, à 21 h 30, la traditionnelle retraite aux flambeaux précédait le feu d'artifice offert par la municipalité et le bal animé par Mix & Light. Les festivités avaient même commencé dès la veille avec un bal musette puis une soirée années 80.
Un programme où se croisent naturellement enfants, parents, grands-parents et groupes d'amis. C'est précisément là que les Jouves du Bâchas trouvent leur raison d'être. « Ces traditions nous ont été transmises par nos anciens. C'est aujourd'hui à notre génération de les faire vivre, de les faire évoluer et, nous l'espérons, de les transmettre à notre tour », explique Joël Seiller.
Un travail de préparation invisible
Derrière la légèreté du 15 août se cache une mécanique beaucoup moins visible. Préparer une fête de village réclame des semaines d'organisation, des bénévoles et des heures prises sur le temps libre. « Derrière chaque manifestation, il y a beaucoup de préparation, d'organisation et de travail. Mais lorsqu'on voit le village vivre, les générations se retrouver et les gens profiter, cela donne du sens à tout cet investissement », ajoute le président.
L'association elle-même a grandi avec ses membres. Partie d'une bande d'amis, elle est devenue au fil des manifestations un projet collectif dans lequel chacun apprend à organiser, décider et prendre des responsabilités. Une façon de rappeler qu'une tradition n'est jamais totalement figée. Pour survivre, elle doit être reprise, appropriée et parfois transformée par ceux qui viennent après.
À Sospel, le 15 août continue donc de dérouler ses habitudes. Les anciens reconnaissent leur fête, les enfants fabriquent leurs premiers souvenirs et, entre les deux, une génération s'affaire pour que le rendez-vous existe encore demain. « Faire vivre ce que nos anciens nous ont laissé, tout en y apportant notre touche, c'est finalement tout l'esprit des Jouves du Bâchas », conclut Joël Seiller.



