Cisjordanie : le retour annoncé dans la colonie de Kadim évacuée en 2005
Cisjordanie : retour annoncé dans la colonie de Kadim

Un conseil de colons israéliens a annoncé, le 20 août 2026, le retour dans la colonie de Kadim, située en Cisjordanie et évacuée en 2005 dans le cadre du retrait de la bande de Gaza. Cette décision, rapportée par le journal israélien Haaretz, marque une nouvelle étape dans les revendications des colons sur les territoires occupés.

Le contexte du retrait de 2005

En 2005, le gouvernement israélien, sous la direction du Premier ministre Ariel Sharon, avait ordonné l'évacuation de toutes les colonies de la bande de Gaza et de quatre colonies du nord de la Cisjordanie, dont Kadim. Cette mesure, connue sous le nom de plan de désengagement, visait à réduire les tensions avec les Palestiniens et à consolider les blocs de colonies israéliennes en Cisjordanie. Environ 8 000 colons avaient été déplacés, dont plusieurs centaines de Kadim.

Le conseil de colons, qui se présente comme le représentant des anciens résidents de Kadim, a déclaré dans un communiqué que le retour était "une étape historique pour rétablir la souveraineté israélienne sur l'ensemble de la terre d'Israël". Selon Haaretz, le groupe a déjà commencé à organiser des visites sur le site, qui est aujourd'hui une zone militaire fermée gérée par l'armée israélienne.

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Les réactions palestiniennes et internationales

L'annonce a provoqué une vive réaction de la part des autorités palestiniennes. Nabil Abu Rudeineh, porte-parole de la présidence palestinienne, a qualifié cette initiative de "provocation dangereuse" et a appelé la communauté internationale à intervenir. "Cela viole les résolutions des Nations unies et les accords d'Oslo", a-t-il déclaré, selon l'agence de presse palestinienne Wafa.

L'Union européenne a également exprimé son inquiétude. Un porte-parole du service diplomatique européen a rappelé que "toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international" et a exhorté Israël à respecter ses obligations. Les États-Unis, par la voix du département d'État, ont déclaré suivre la situation de près, sans commenter directement l'annonce.

Les implications juridiques et politiques

La colonie de Kadim, située près de la ville palestinienne de Jénine, se trouve dans une zone classée C selon les accords d'Oslo, sous contrôle israélien total. Cependant, son évacuation en 2005 avait été confirmée par une loi israélienne interdisant tout retour dans les colonies évacuées. Le conseil de colons affirme que cette loi est "injuste" et qu'ils entendent la contester devant la Cour suprême israélienne.

Selon des sources juridiques citées par Haaretz, le gouvernement israélien actuel, dirigé par Benjamin Netanyahu, n'a pas encore réagi officiellement. Toutefois, des membres de la coalition au pouvoir, notamment des représentants du parti d'extrême droite Otzma Yehudit, ont exprimé leur soutien à l'initiative. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré sur les réseaux sociaux que "le retour à Kadim est un pas vers la souveraineté totale sur la Judée-Samarie" (nom biblique de la Cisjordanie).

L'annonce intervient dans un contexte de tensions accrues en Cisjordanie, où les violences entre colons et Palestiniens se sont multipliées ces derniers mois. Selon les données de l'ONU, plus de 700 incidents impliquant des colons ont été recensés depuis le début de l'année 2026, contre 500 sur la même période en 2025.

Le conseil de colons prévoit d'organiser une marche symbolique vers le site de Kadim le 15 septembre 2026, avec la participation de plusieurs centaines de personnes. L'armée israélienne a indiqué qu'elle évaluerait la situation et prendrait les mesures nécessaires pour maintenir l'ordre, sans préciser si elle autoriserait l'accès au site.

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