Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a annoncé le 6 avril 2021 dans un entretien au Parisien son intention de sanctionner plus lourdement les incivilités dans la capitale. Il propose de multiplier par cinq le montant des amendes, qui passeraient de 35 à 150 euros pour les infractions les plus courantes, comme les dépôts sauvages d'ordures, les jets de mégots ou les déjections canines.
Un arsenal répressif renforcé
Selon Emmanuel Grégoire, la hausse des amendes vise à dissuader les comportements inciviques qui nuisent à la qualité de vie des Parisiens et à l'image de la ville. Il précise que les 150 euros d'amende s'appliqueraient aux infractions constatées par les agents de la ville, notamment les inspecteurs de la propreté et les policiers municipaux. Actuellement, le montant forfaitaire de 35 euros est souvent jugé trop faible pour être dissuasif.
L'élu socialiste, qui est également chargé de la coordination des politiques de propreté, souligne que la mairie de Paris a déjà renforcé les effectifs des agents de la propreté et multiplié les opérations de nettoyage. Cependant, il estime que la répression doit être intensifiée pour compléter ces actions. « Il faut que les gens comprennent que jeter un mégot ou déposer un sac-poubelle en dehors des horaires n'est pas une simple incivilité, mais un acte qui coûte cher à la collectivité et qui dégrade notre cadre de vie », a-t-il déclaré.
Un objectif de propreté et de tranquillité
La proposition de Grégoire s'inscrit dans un plan plus large de lutte contre les incivilités, qui inclut également la verbalisation des propriétaires de chiens qui ne ramassent pas les déjections de leurs animaux, ainsi que des sanctions pour les dépôts sauvages de déchets encombrants. La mairie de Paris estime que ces incivilités représentent un coût annuel de plusieurs millions d'euros pour la collectivité, en termes de nettoyage et de gestion des déchets.
Emmanuel Grégoire a également évoqué la possibilité d'étendre les pouvoirs de verbalisation à d'autres agents municipaux, comme les gardiens de square ou les médiateurs. Il a précisé que la ville travaille en lien avec la préfecture de police pour harmoniser les procédures et garantir une application uniforme des sanctions. « Nous voulons que Paris soit une ville exemplaire en matière de propreté et de respect de l'espace public », a-t-il ajouté.
Une mesure attendue mais contestée
La proposition de Grégoire a été accueillie favorablement par certains élus de la majorité municipale, qui y voient un moyen de répondre aux plaintes récurrentes des habitants sur la saleté de la ville. Cependant, des associations de défense des consommateurs et des usagers ont exprimé des réserves, craignant que la hausse des amendes ne pénalise injustement les personnes les plus modestes. Grégoire a répondu que la priorité est la dissuasion et que les sanctions seront appliquées de manière proportionnée, avec des possibilités de recours.
La mairie de Paris prévoit de soumettre cette proposition au Conseil de Paris dans les prochains mois, après une phase de concertation avec les arrondissements et les services de l'État. Si elle est adoptée, la nouvelle grille tarifaire pourrait entrer en vigueur dès le début de l'année 2022.



