Chaque matin, avant l'arrivée des premiers vacanciers, Jean-Claude arpente les plages du littoral montpelliérain, détecteur en main. À 77 ans, ce musicien retraité originaire de Frontignan pratique la détection de métaux depuis trente-cinq ans. Il fait partie des 50 000 à 100 000 pratiquants estimés en France, selon Midi Libre.
Une pratique matinale et discrète
Il est 7 heures, le soleil est bas et donne au ciel une couleur orangée. Les mouettes et les tracteurs qui nettoient le sable peuplent la plage avant l'arrivée des premiers parasols. Parmi eux, une silhouette avance à pas réguliers, casque sur les oreilles, regard rivé au sol. Jean-Claude, sous ses cheveux bouclés, affiche la tranquillité et l'amusement de celui qui n'est pressé par rien ni personne.
C'est par hasard qu'il a découvert cette pratique, en se laissant tenter dans un magasin d'armurerie. C'est surtout l'été qu'il détecte. « C'est plus agréable le matin, je viens dès 5 heures, jusqu'à 8 heures. Il y en a qui viennent également la nuit mais ça craint plus », dit-il, avant de révéler qu'une nuit, ici à Palavas, quelqu'un avait tenté de lui piquer son détecteur violemment.
Le matériel et les prix
Les détecteurs de métaux s'échelonnent de 50 € à plus de 2 000 €. L'entrée de gamme (50 à 150 €) regroupe des appareils basiques sans réglages avancés. Entre 150 et 400 €, les modèles intègrent un affichage numérique et la discrimination des métaux. La gamme moyenne (400 à 800 €) propose le multifréquence et l'étanchéité. Le haut de gamme (800 à 2 000 € et plus) apporte des liaisons sans fil, des structures ultralégères en carbone, l'étanchéité en immersion profonde et des technologies avancées de traitement des sols minéralisés. Certains permettent même de détecter sous l'eau.
Ces matériels sont distribués dans les magasins spécialisés (armurerie, chasse & pêche…), sur les plateformes de vente en ligne ou au rayon équipement de certaines grandes enseignes.
Des trouvailles plus rares
Jean-Claude pratique pour l'entretien physique, le matin, avec son fils et son petit-fils, qu'il a lui-même initiés. « Ça permet de décompresser, on profite du paysage, il n'y a personne sur la plage, il fait bon… » Mais il le fait aussi pour le plaisir de chercher, lui qui chine beaucoup par ailleurs. « J'aime la brocante, on ne sait jamais ce qu'on peut trouver, c'est assez excitant. »
Reste que les trouvailles se font de plus en plus rares : « Il y a 30 ans, on trouvait des bijoux, des bagues, maintenant on ne trouve plus que des bricoles. Les gens viennent avec très peu de choses sur eux à la plage. Ils n'ont plus de pièces, mais des cartes bleues… Après faut pas faire ça pour gagner sa vie, lance le retraité en rigolant, des fois on fait des journées à 1 € mais c'est le fait de chercher qui est sympa. »
Fausses joies et beaux moments
Sur le terrain, il est équipé d'un détecteur, d'une pelle à trous pour tamiser le sable et d'un casque pour écouter les sons, qui diffèrent selon le type d'objet. « Une pièce de 2 € ça claque. Une capsule de bière ça fait un double son, donc vous ne vous baissez même pas », explique-t-il, le regard pétillant, ravi de détailler son matériel. Son détecteur est même équipé d'un écran indiquant le type de métal. « C'est un haut de gamme, il peut aussi détecter dans l'eau. »
Le faible de Jean-Claude ? Les bijoux. « Ce sont les plus belles trouvailles. Une fois, j'ai trouvé une chevalière à 500 francs. Maintenant c'est de plus en plus difficile, ou alors quand on trouve, c'est du toc. Ça fait de sacrées fausses joies. Des fois vous creusez, ça brille, et au final c'est nul », dit-il en souriant. Comme beaucoup d'adeptes de la détection, il déplore l'image de pilleur. « Je prends du plaisir à marcher sur le sable c'est tout, et l'idée de trouver un petit quelque chose n'est qu'une motivation supplémentaire. Évidemment, si je trouve des clés par exemple, je les déposerai aux objets trouvés. Un jour j'ai déterré une carte bleue, je l'ai déposée dans la banque voulue. »
Et si un vacancier le sollicite pour retrouver un objet égaré, il assure qu'il l'aidera volontiers. « Ça m'est déjà arrivé quelques fois, ce sont des beaux moments », confie-t-il tout sourire avant de reprendre sereinement sa balade matinale, détecteur à la main.



