« Mon fils a hurlé. Je ne pouvais pas le consoler, puis j’ai vu ses mains rouges. » Ce témoignage est celui d’une maman dont le petit garçon de 12 mois s’est brûlé sur un jeu en bois du parc du Ray, pourtant à l’ombre, il y a une dizaine de jours. Alors que les alertes météo se succèdent, occuper des enfants en bas âge à l’abri de la « fournaise ambiante » devient un défi quotidien pour les parents niçois.
Des aires de jeux souvent en plein soleil
Audrey, assistante maternelle dans le quartier de Cessole, confirme que le parc du Ray est « bien trop chaud. C’est aussi impossible au jardin Thiole. » Elle avoue qu’en période de canicule, « ce n’est pas facile dans mon quartier ». Le seul endroit vraiment adapté à Nice-Nord est, selon elle, « le jardin de Cessole. Il est agréable. » Les nounous privilégient alors les bibliothèques ou ludothèques pour trouver de la fraîcheur.
Sur la coulée verte, Jean-Claude est allongé à l’ombre des arbres pendant que son fils de 3 ans veut faire de la balançoire. « Je viens ici entre 15 h et 18 h, pendant ma pause, avant de repartir travailler. » Une main posée sur le toboggan le dissuade : il est brûlant. Un écriteau prévient d’ailleurs : « Éviter le toboggan par forte chaleur ». Les structures sont en plein soleil. Jean-Claude conseille le square près de Notre-Dame, où de majestueux platanes offrent une ombre salvatrice.
Des solutions insuffisantes face à la chaleur
Ahlem, mère de trois enfants de 9 mois à 4 ans, habite Nice-Nord. Même avec la climatisation chez elle, elle doit sortir pour que les petits se défoulent. « Entre midi et 16 h, je ne sors pas avec les enfants, j’ai trop peur des coups de soleil. » Elle souligne que la présence d’arbres peut poser des problèmes de sécurité : branches qui tombent, troncs dans la zone d’impact, racines endommageant les sols souples. Une alternative serait l’installation de voiles d’ombrage, comme on en voit dans d’autres villes françaises.
Sur l’aire de jeux du jardin Wilson, Virginie, avec ses enfants de 4 et 7 ans, vient vers 16 h 30. « Les jeux sont en plein cagnard, c’est impossible pour l’instant. On est venu et les petits jouent avec des pistolets à eau et les jets d’eau. Il y a très peu de jeux ombragés dans le centre et à l’ouest, davantage à l’est. C’est regrettable. Il faudrait qu’au moins les jeux soient à l’ombre. »
Des disparités selon les quartiers
Au parc Castel des Deux-Rois, Maxime surveille ses deux garçons de 5 et 6 ans. Les jeux sont, là encore, en plein soleil. Des arbres trop jeunes ne fournissent pas encore d’ombre. « Il y a un peu d’air. Ici, la verdure tamponne le béton. » Une zone avec brumisateurs permet de se mouiller, même si elle est en plein soleil.
À l’ouest, au parc Carol-de-Roumanie, Brigitte et Louisette, venues avec leurs petits-enfants de 4 ans le matin à l’ouverture, regrettent la disparition des brumisateurs en forme de fleurs. « Les parcs ne sont pas assez ombragés, on ne vient pas l’après-midi mais tôt le matin. À 11 heures, il faut partir. »
Sonia, maman d’un garçon de moins de 3 ans, repère les jardins avec ombre, comme le square Richard-Wagner (rue Paul-Déroulède). « Contrairement au parc Alsace-Lorraine où les jeux sont en plein cagnard. C’est normal d’avoir du soleil et de la chaleur dans le Sud. »
Des bonnes adresses pour se rafraîchir
Une assistante maternelle du centre-ville recommande « le parc Vigier, près du port. C’est notre top 1. On s’adapte selon la saison. On trouve toujours une solution, nous sommes sur la Côte d’Azur, tout va bien. En hiver, on est aussi bien content d’avoir des jeux au soleil… »



