Un an après la mort de Gilles Canales, retrouvé noyé dans l'étang de Thau le 12 mai 2025, sa fille Chloé Canales attend toujours des réponses sur les circonstances exactes de son décès. Cet ouvrier conchylicole de 56 ans, expérimenté et bon nageur, travaillait ce jour-là sur les tables de l'étang lorsqu'il a disparu. L'autopsie a conclu à une noyade, mais des analyses complémentaires sont encore en cours.
Un métier passion, des conditions difficiles
Gilles Canales avait commencé la conchyliculture à 16 ans et était connu sur l'étang pour son expertise. Selon sa fille, il aimait passionnément son métier, mais celui-ci l'avait usé physiquement : "Il a eu le biceps d'un de ses bras qui s'est déchiré il y a quelques années et il a dû être opéré des deux bras. Ces blessures lui provoquaient d'importantes douleurs."
Le jour de sa mort, il avait embarqué sur sa barge vers 7 heures du matin. Ne le voyant pas revenir, l'alerte a été donnée en fin de matinée. Son corps a été retrouvé sans vie au large des tables. Chloé Canales s'interroge : "C'était un très bon nageur, très expérimenté. Il a même déjà sauvé quelqu'un à l'époque où il travaillait en mer. Il savait se rattraper. Et s'il avait été en difficulté, il aurait fait la planche comme il m'a appris."
Des zones d'ombre persistantes
Plusieurs éléments troublants n'ont pas été élucidés, selon Chloé Canales. "Ce qui est troublant, c'est qu'il devait travailler sur les tables mais il n'avait pas chaussé ses gants qui étaient encore dans sa veste. Son bateau n'a pas été retrouvé attaché à la table comme c'était le cas lorsque les conchyliculteurs y manipulent. Et il manquait un transpalette sur son bateau, un équipement de taille qui ne disparaît pas comme ça. Mais ces éléments ont été balayés par l'enquête."
Elle dénonce également des conditions de travail dangereuses : "Il n'avait pas de gilet de sauvetage, son téléphone était resté dans sa voiture. Les employés sont parfois isolés, travailler à deux pourrait peut-être solutionner des choses."
Un écho à la mort d'Alicia Roques
Chloé Canales fait le parallèle avec la mort d'Alicia Roques, ostréicultrice de 41 ans décédée le 29 juin dernier à Bouzigues. "On est sans réponses, on ne sait pas comment il est tombé de son bateau, l'hypothèse de l'enquête c'est qu'il a fait un malaise, mais on en sait rien." Elle espère que les investigations avancent : "Il est difficile de faire un deuil, une vie humaine mérite plus qu'une hypothèse."



