Banquet du Canon français : entre déni et esprit festif à La Teste-de-Buch
Banquet du Canon français : déni et esprit festif en Gironde

« Nous ne sommes pas déçus, c’est exactement ce que nous avions imaginé : une ambiance conviviale et familiale autour d’un bon repas composé de produits locaux, dans le partage des valeurs et traditions françaises. » Cheveux blonds noués en queue-de-cheval et accent chantant du Sud-Ouest, Séverine partage son enthousiasme ce samedi 4 juillet, alors que les notes de « Champs-Elysées » de Joe Dassin retentissent. Pour cause : c’est la première fois que la quadragénaire assiste à un banquet du Canon français, ces grandes tablées réunissant entre 2 000 et 4 000 personnes en moyenne, où l’on ripaille allégrement. Ce jour-là, elles se sont déployées dans le parc des expositions de La Teste-de-Buch, une ville de 27 000 habitants du sud du bassin d’Arcachon, en Gironde.

Mais dès qu’on interroge Séverine sur les polémiques ciblant ce genre d’événement, le ton se fait plus ferme : « Il n’y a rien de politique ici », martèle-t-elle. Vraiment ? Ces banquets gargantuesques célébrant le terroir, le pinard et les classiques de la chanson française d’autrefois sont pourtant au cœur de controverses depuis le printemps. La pression s’est accentuée sur l’entreprise tourangelle fondée au début des années 2020 par Géraud du Fayet de la T...

Un banquet sous le signe du déni

Trois mois après le banquet polémique de Caen, entaché par des saluts nazis et des insultes racistes et homophobes, les organisateurs et participants de l’événement de La Teste-de-Buch ont minimisé, voire nié, ces faits. « On s’en fout de Stérin ici », lâche un participant, faisant référence à l’entrepreneur controversé Pierre-Édouard Stérin, souvent associé à ces rassemblements. L’ambiance est résolument tournée vers la fête et la convivialité, et toute allusion politique est balayée d’un revers de main.

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Un esprit festif revendiqué

Les organisateurs insistent sur l’esprit festif de ces rassemblements et regrettent leur stigmatisation. « Ce n’est qu’un grand repas entre amis, autour de produits locaux et de chansons françaises », explique l’un d’eux. Les participants viennent de toute la région pour partager un moment de détente et de tradition. « Il n’y a rien de politique là-dedans », répète Séverine, comme pour convaincre. Pourtant, les critiques continuent de pointer du doigt les dérives observées lors de précédents banquets.

Des polémiques qui persistent

Malgré le déni, les faits sont là : à Caen, des saluts nazis et des insultes racistes et homophobes avaient été rapportés. Les images avaient fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’indignation. Mais à La Teste-de-Buch, tout semble oublié. « On est là pour s’amuser, pas pour faire de la politique », insiste un autre participant. Une position qui interroge, alors que le Canon français continue d’attirer des foules toujours plus nombreuses.

Selon Constance Daulon, journaliste présente sur place, le contraste est frappant entre l’ambiance bon enfant et les polémiques qui entourent l’événement. « Les participants semblent sincèrement ne pas comprendre pourquoi on leur reproche quoi que ce soit », note-t-elle. Un mélange de dépolitisation et de justifications qui laisse perplexe.

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