Claude Sirvent, 64 ans, a célébré cette année sa 50e Pescalune, la fête traditionnelle de Lunel. Après 35 ans passés à servir des verres à la Brasserie des sports pendant la fête, puis 15 ans à la tête du poste de secours, il part en retraite. Il se souvient de sa première Pescalune, à 14 ans, où il avait travaillé jusqu'à 4 heures du matin pour reprendre à 6 heures. Aujourd'hui, il dit avec humour : "J'ai servi des verres aux fêtards pendant des années, aujourd'hui je les ramasse quand ils ont trop bu."
Un parcours au service des autres
Claude Sirvent a été pompier volontaire et directeur de la piscine Aqualuna. Désigné chef du poste de secours par la maire Paulette Gougeon, il insiste sur le travail d'équipe : "Je ne suis rien sans mes équipiers. Ce sont tous de formidables professionnels." Ils sont six secouristes à se relayer par équipes de trois pour assurer la sécurité durant toute la Pescalune. Leur mission : intervenir sur toutes les activités à risque comme les bandidos et les abrivados, et prendre en charge les blessures, malaises ou accidents liés à l'alcool ou aux animaux.
Un changement de comportement des fêtards
En 50 ans, Claude Sirvent observe une évolution positive : "Il y a davantage de conscience du danger, on intervient moins sur de gros accidents. Les gens sont plus sages et prennent moins de risques." Il souligne l'importance de l'empathie, de la bienveillance et du sang-froid : "Pour faire ce métier, il faut aimer les gens. Du SDF au milliardaire de passage, on leur vient en aide sans distinction."
Un souvenir marquant
Claude Sirvent se rappelle d'un accident lors d'une bandido : un jeune homme avait été percuté par un taureau. Alors qu'il le protégeait, un autre taureau l'a pris pour cible. Des joueurs du Rugby olympique lunellois ont détourné l'animal sans qu'il s'en rende compte. Sa femme lui a "passé un sacré savon" car elle avait eu peur pour lui.
La satisfaction du devoir accompli
Ce qui le rend le plus fier, c'est de clôturer huit jours de Pescalune sans incident majeur. "Avant la fête, on fait tout un travail d'anticipation des dangers. On place les barrières correctement, on imagine les messages de prévention. Et quand tout se déroule sans encombre, on se dit que notre investissement a porté ses fruits." Il conclut avec humour : "Au final, nous les secouristes, moins on en fait, et mieux c'est !"
Une retraite active
Après son départ à la retraite, Claude Sirvent ne compte pas rester inactif. Il prévoit de monter une association de formation aux gestes de secourisme, fidèle à ses valeurs de service et d'entraide.



