Après des années de consommation problématique, Marc, 47 ans, a décidé d'arrêter l'alcool. Mais son entourage n'a pas suivi. « Je cache les clés puis les bouteilles parce que certains veulent continuer à boire », confie-t-il. Ce témoignage, publié dans « Libération », illustre les difficultés de la sobriété dans un environnement où la pression sociale reste forte.
Un parcours semé d'embûches
Marc a commencé à boire régulièrement à l'adolescence. « C'était un rituel social, on se retrouvait autour d'une bière ou d'un verre de vin », raconte-t-il. Avec le temps, la consommation a augmenté, jusqu'à devenir un besoin quotidien. « Je buvais seul le soir, pour m'endormir. Mais je ne me considérais pas comme alcoolique, je fonctionnais normalement. »
Ce n'est qu'après un incident professionnel qu'il a pris conscience du problème. « J'ai raté une réunion importante à cause d'une gueule de bois. Mon patron m'a dit que je sentais l'alcool. C'est là que j'ai compris qu'il fallait arrêter. » Il a alors consulté un médecin et suivi une cure de désintoxication.
La pression de l'entourage
Mais l'arrêt de l'alcool ne s'est pas fait sans heurts. « Mes amis et ma famille ont eu du mal à accepter que je ne boive plus. Certains se sentaient jugés, d'autres avaient besoin de ma complicité pour continuer à boire. » Pour éviter les tentations, Marc a d'abord caché les clés de son appartement à ses proches, pour qu'ils ne viennent pas boire chez lui à son insu. « Je me suis rendu compte que certains venaient chez moi et buvaient mes bouteilles, même si je leur avais dit que je ne voulais plus d'alcool à la maison. »
Il a donc dû prendre des mesures plus radicales : « J'ai vidé toutes mes bouteilles, puis j'ai caché celles que je gardais pour les invités. Mais certains de mes proches insistaient pour que je garde une réserve. » Finalement, il a décidé de ne plus avoir d'alcool chez lui, quitte à froisser quelques personnes.
Un quotidien réinventé
Depuis son arrêt, il y a deux ans, Marc a retrouvé une vie plus saine. « Je dors mieux, je suis plus productif au travail, et mes relations se sont améliorées, même si j'ai perdu certains amis. » Il a dû apprendre à dire non et à trouver d'autres plaisirs. « Je me suis mis au sport, je fais de la course à pied. Ça m'aide à évacuer le stress. »
Il participe également à des groupes de parole pour anciens buveurs. « C'est important de partager avec des gens qui vivent la même chose. On se sent moins seul. » Selon une étude de l'Inserm, 10 % des Français ont une consommation d'alcool à risque, et 3 % sont dépendants. Marc fait partie de ceux qui ont réussi à s'en sortir, mais il sait que la tentation reste présente.
Conseils pour les proches
Pour les familles et amis de personnes en sevrage, Marc recommande la patience et la compréhension. « Il ne faut pas forcer quelqu'un à boire, même si c'est pour faire plaisir. Et si la personne a décidé d'arrêter, il faut respecter son choix. » Il conseille aussi de ne pas proposer d'alcool lors des repas et de prévoir des alternatives. « Aujourd'hui, il existe de très bons cocktails sans alcool. »
Son histoire montre que la sobriété est un chemin difficile, mais possible. « Je ne regrette rien. J'ai gagné une nouvelle vie. »



