Le film « La femme la plus riche du monde », dans lequel Laurent Laffite incarne François-Marie Banier, est sorti le 29 octobre dernier. L'occasion de revenir sur les attaches gardoises du photographe, qui possède une propriété entre Sommières et Quissac, à Brouzet-lès-Quissac. Un lieu qui n'a rien de mondain, mais qui correspond peut-être à la personnalité discrète de l'artiste.
Une retraite gardoise pour l'homme controversé
Depuis une quinzaine d'années, François-Marie Banier a planté une partie de son existence au Mas du Patron, loin du tumulte parisien. Cette maison de maître majestueuse, un peu à l'écart du village, est silencieuse. Elle est entourée de grands murs de pierres et de portails en fer forgé cadenassés. Les volets sont clos, et seul un grand tableau blanc représentant une silhouette orne le mur d'une remise à l'entrée de la propriété. Il s'y rendrait quelques fois par an.
Un voisin discret
Les habitants du village se souviennent de lui. « Je l'ai vu il y a quatre ou cinq ans, il traversait le village. Mais plus depuis », raconte une habitante. Une autre l'a croisé : « Il m'a paru réservé ». Expression d'une discrétion ou d'une distance ? Elles n'iront pas voir « La femme la plus riche du monde », qui a ravivé le souvenir de « monsieur Banier ». Dans ce long métrage, Laurent Laffite incarne l'homme au cœur de l'affaire Bettencourt, personnage aussi fascinant que controversé. Mais comme lors de la sortie de la série documentaire Netflix en 2023, il n'a pas profité de cette actualité pour reprendre la parole. Depuis la promotion de son livre « Dialogues interrompus » (Flammarion, 2024), il n'a accordé qu'un seul entretien, à Léa Salamé sur France Inter. Le mystère demeure.
Un aficionado dans le Gard
Passionné de tauromachie, Banier a été aperçu à plusieurs reprises dans les arènes de Nîmes, immortalisant un torero. Il fréquente aussi un restaurant discret de la rue de l'Étoile, où il aurait noué une belle amitié avec le patron. Il était également l'ami du célèbre manadier Jean Lafont. À ses obsèques en janvier 2017, il était présent, simple silhouette parmi les proches. Fidèle sans le dire. Il y a chez Banier ce goût du théâtre sans public, une part insaisissable : un pied dans la lumière, l'autre dans l'ombre.
Une comédie cruelle sur l'affaire Bettencourt
Le film « La femme la plus riche du monde » prend le parti de la comédie, cruelle, portée par une Isabelle Huppert impeccable et un Laurent Laffite en surchauffe, ce qui colle parfaitement au tempérament de l'homme qu'il incarne. Les noms des protagonistes ont été changés : Pierre-Alain Fantin pour François-Marie Banier, Marianne Farrère pour Liliane Bettencourt. Cette vision subjective permet d'évacuer le volet politique de l'affaire, mais pas d'occulter le passé trouble du mari de l'héritière de L'Oréal pendant l'Occupation. Quant à savoir ce qui s'est véritablement joué entre la milliardaire et le courtisan, le film a l'élégance de ne pas trancher.



