Depuis le début de la semaine, la maison pour tous Mercouri, à Montpellier, s'est transformée en atelier à ciel ouvert. Enfants, adolescents et habitants du quartier ont posé la bombe pour redonner vie à un patio jusque-là délaissé. Au feeling et avec les idées de tout le monde, le lieu se refait une beauté à coups de graffitis.
Un patio transformé en lieu de vie
Ce coin de patio ne payait pas de mine. Il n'était utilisé que pendant le festival annuel de la structure, pour faire office d'endroit de pause, raconte Lahouar Maachou, responsable de la maison pour tous Mercouri. Cet été, il s'est décidé à en faire un vrai lieu de vie, en mode guinguette, à travers une fresque collective pensée pour durer. Son identité visuelle reprendra celle de « De Fil en Aiguille », le festival de la mode maison qui a lieu chaque année, en mars.
« C'est pas juste du graff pour faire du graff », précise Lahouar Maachou. L'idée, surtout, est de faire participer les populations : « Ça donne une dimension différente de savoir qu'ils ont contribué à la fresque, quand ils viennent, quand on reçoit du monde sur le festival. »
Des novices guidés par un graffeur expérimenté
Ce mercredi matin, une dizaine de parents et d'enfants sont là, bombes à la main, autour de Honck, graffeur montpelliérain depuis les années 1990, casquette du MHSC vissée sur la tête. Sur le mur fraîchement repeint, il a tracé les contours des formes à la règle en bois, sans plan préétabli : « On avance au feeling total, avec les idées de tout le monde ! » Il montre le geste aux novices : d'abord quadriller la surface, puis peindre en lignes régulières, de haut en bas, pour un aplat bien net.
Matei, 14 ans, s'empare le premier d'une bombe. Pas vraiment un débutant : depuis un voyage scolaire à Londres où il a découvert une expo de graffitis, il s'entraîne sur du papier mais aussi dehors, dans des endroits qui ne se voient pas, dit-il en secouant sa bombe. Il trace sa forme d'un geste sûr, puis tend la bombe à son petit frère Misha, 11 ans. « Le plus compliqué en graff, ce sont les lines, les contours. Il faut de l'expérience pour les faire bien droites », explique l'aîné, en regardant fièrement Misha remplir sa forme. « Là, sur le remplissage, il y arrive super bien. »
Une activité grisante pour les participants
Autre profil venu remplir les rangs de l'atelier : Stéphanie, 55 ans, habitante de Castelnau-le-Lez. Sans enfants, elle est venue chercher du lien. Et une découverte : « Je comprends pourquoi c'est addictif, c'est assez grisant de passer la bombe. Il y a un côté lisse et fluide, l'odeur, le geste, la couleur qui apparaît tout de suite de manière uniforme. Une fois qu'on l'a fait, on a tout de suite envie de recommencer. »
Peu à peu, les formes se couvriront de motifs inspirés du textile, léopard, zébrures, en clin d'œil au festival de la mode. Le résultat final sera visible ce week-end.



