Grasse matinée : superpouvoir ou inégalité face au sommeil ?
Grasse matinée : superpouvoir ou inégalité ?

Cette semaine, notre journaliste Henri Rouiller s'interroge sur les inégalités face au sommeil. Y aurait-il deux catégories d'humains ou existe-t-il un secret ?

Le superpouvoir de Pierre

Pierre a 65 ans et un superpouvoir qui m'a longtemps rendu malade. Pierre maîtrise l'art – perdu pour moi – de la grasse matinée. Tandis que j'ouvre invariablement l'œil entre 7 heures et 8h30 chaque jour de la semaine, vacances comprises, sans avoir besoin d'aucun réveil, notre marmotte est capable d'enchaîner les nuits de dix heures toute l'année, avec une insolence qui frise la provocation.

Grand classique de nos week-ends entre amis, alors que le beurre a déjà fondu au soleil et que la cafetière ne fume plus depuis deux heures ? « Ne range pas le petit déj, Pierre dort encore. » Il est 10h30, c'est une attaque personnelle.

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Une question existentielle

J'ai longtemps imaginé mon ami comme un homme froidement imperméable au monde qui s'écroule, pendant que Donald Trump m'empêchait de m'endormir, ou que mes rêves n'étaient que nappes phréatiques basses, deadlines intenables ou allusions bancales au détroit d'Ormouz. J'ai cédé aussi volontiers à cette jalousie, sans chercher à comprendre les mécanismes du sommeil.

Mais finalement, cette capacité à dormir tard est-elle un don ou une malédiction ? Peut-être que les lève-tôt comme moi ont aussi leurs avantages. Toujours est-il que le débat reste ouvert.

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