Will, un cadre américain de 33 ans, a accepté de témoigner sous son vrai nom pour lever le voile sur l'éproctophilie, plus connue sous le nom de fétichisme des pets. Cette pratique, encore taboue, est pour lui une source d'excitation sexuelle intense, liée à des dynamiques de domination et de soumission. Dans une interview, il raconte comment ce kink a émergé à l'adolescence et comment il le vit aujourd'hui, entre communautés en ligne et relations amoureuses.
Un éveil à l'adolescence
Will se souvient précisément du moment où tout a basculé. « J'avais 13 ou 14 ans. J'étais dans la même pièce qu'une fille qui me plaisait au collège, j'avais un vrai crush. Elle a eu un "accident", un bruit très court. Elle est devenue toute rouge et super gênée », raconte-t-il. Cet instant anodin a provoqué chez lui une réaction inattendue : « Mon cerveau a vrillé. Ce n'était pas de la moquerie, c'était une décharge d'adrénaline pure. J'ai ressenti une excitation sexuelle hyper intense, immédiate. J'ai commencé à avoir une érection. C'est là que j'ai compris que j'étais différent. »
Pendant des années, Will a gardé ce secret, convaincu d'être « le seul sur Terre » à ressentir cela. Il a exploré les premiers forums Internet du début des années 2000 pour trouver des réponses. « Au début, on se croit anormal, on culpabilise. On se demande pourquoi on n'est pas juste excité par des seins ou des fesses comme les copains », confie-t-il. Il n'a jamais osé en parler à son entourage, par peur d'être jugé ou envoyé chez un psychologue.
La découverte des communautés et du BDSM
C'est au début de sa vingtaine que Will découvre les clubs BDSM, qui lui permettent de passer du fantasme à la réalité. Il comprend alors que son attirance s'inscrit dans une dynamique de domination et de soumission. « Ce qui m'excite, ce n'est pas juste d'entendre un bruit de loin. C'est l'acte de me le faire subir, au sens érotique », explique-t-il. Pour lui, le pet représente un tabou ultime, un acte "sale" qui, dans un cadre consenti, devient une forme d'humiliation érotique. « Quand une partenaire s'assoit sur mon visage et me pète dessus, je me place en position de soumis total. C'est lui donner le pouvoir absolu », ajoute-t-il.
L'excitation ne vient pas principalement de l'odeur ou du bruit, mais du lâcher-prise de l'autre. « Quand une femme accepte de faire ça, elle laisse tomber son armure sociale et elle prend le contrôle. C'est une preuve de confiance et de domination hyper intense », souligne Will.
Une communauté en ligne florissante
Aujourd'hui célibataire, Will assouvit son kink via des communautés en ligne et des créateurs de contenu spécialisés, comme les « fart-models » ou « fart-goddesses », notamment sur OnlyFans. « C'est un vrai marché aux USA. Je dépense peut-être 50 dollars par mois dans des clips personnalisés, c'est mon petit plaisir coupable », révèle-t-il. Cette industrie, en plein essor, permet à des personnes comme lui de vivre leur fétichisme sans jugement.
Cependant, Will précise que le contexte est crucial. Un pet accidentel, sans consentement, le dégoûte. « Là, ça me dégoûte, parce qu'il n'y a pas de jeu, pas de contexte, pas de consentement », insiste-t-il. Dans ses relations amoureuses, il aborde le sujet rapidement : « Je ne peux plus faire ma vie avec quelqu'un qui trouve ça purement dégoûtant. Ça se discute, ça se négocie comme n'importe quel autre kink. »



