IVG : 72 % des femmes attendent plus de 7 jours pour un rendez-vous
IVG : 72 % attendent plus de 7 jours pour un rendez-vous

Deux ans après l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, le Planning familial publie, ce 28 septembre 2026, son nouveau baromètre sur l'accès à l'avortement en France. Réalisée par Kantar, l'enquête révèle des difficultés persistantes, et parfois en hausse, dans les parcours des femmes. Le chiffre le plus marquant : 72 % des femmes ayant avorté dans un établissement de santé déclarent avoir attendu plus de sept jours pour obtenir un rendez-vous, contre 54 % en 2024, soit une hausse de 18 points.

Un droit soutenu, mais perçu comme fragile

Le soutien au droit à l'avortement reste très majoritaire : 86 % des Français considèrent l'autorisation de l'IVG comme une bonne chose, et 87 % estiment que son inscription dans la Constitution garantit son accès pour l'avenir, indique le baromètre 2026 du Planning familial. Pour autant, 36 % pensent que ce droit pourrait être remis en cause prochainement, contre 30 % en 2024. Cette crainte atteint 56 % chez les femmes ayant déjà eu recours à une IVG.

Peu de changement depuis la constitutionnalisation

La protection du droit à l'avortement ne s'est pas forcément traduite par une amélioration de son accès sur le terrain. Parmi les 55 associations départementales du Planning familial ayant répondu à l'enquête, 80 % disent ne constater aucun changement notable dans l'accès concret à l'IVG depuis son inscription dans la Constitution. Plus largement, 62 % estiment que l'accès à l'IVG n'est pas facile dans leur département, contre 47 % en 2024.

Des délais d'attente qui s'allongent

L'allongement des délais est l'une des évolutions les plus marquantes du baromètre. Le Planning familial met notamment en avant le manque de structures et de professionnels pratiquant l'IVG, pouvant entraîner un engorgement de certains services. Par ailleurs, une femme sur deux indique qu'un professionnel a refusé de l'accompagner pour son IVG, contre 27 % en 2024. Le baromètre ne permet toutefois pas de savoir précisément ce que recouvrent ces refus ni s'ils correspondent à l'usage de la clause de conscience spécifique à l'IVG.

Le choix de la méthode pas toujours garanti

Une fois la prise en charge engagée, le parcours reste globalement bien évalué : 80 % des femmes disent s'être senties bien accompagnées par le personnel médical et 79 % en maîtrise de la situation. Mais environ une femme sur cinq estime ne pas avoir pleinement eu le choix de sa méthode d'IVG, entre médicamenteuse et instrumentale. Près d'une sur quatre affirme également ne pas s'être vu proposer d'antidouleurs.

Ruralité et manque de professionnels

Les difficultés varient fortement selon les territoires. Parmi les associations départementales interrogées, 89 % citent la ruralité et les difficultés géographiques parmi les principaux freins à l'accès à l'avortement. Viennent ensuite le manque d'information à 76 %, le manque de structures ou de professionnels à 60 %, puis les délais de rendez-vous à 36 %. L'accès à l'IVG instrumentale apparaît particulièrement fragile dans certains territoires, en raison du manque de blocs opératoires disponibles ou de professionnels la pratiquant.

Internet devient incontournable pour s'informer

Parmi les femmes ayant eu recours à une IVG, 42 % citent Internet comme source d'information, devant leur entourage, à 40 %. Plus inédit, 15 % disent avoir obtenu des informations en discutant avec une intelligence artificielle (IA). Cette multiplication des sources ne suffit pourtant pas à lever les difficultés : le manque d'information reste l'un des principaux freins relevés par les associations. 25 % des femmes interrogées placent d'ailleurs l'amélioration de l'information sur les droits et le parcours parmi les priorités pour faciliter l'accès à l'IVG. Le dernier baromètre du Planning familial a été réalisé en ligne du 18 au 30 juin 2026 auprès de 2 000 personnes, avec un échantillon spécifique de 339 femmes ayant eu recours à une IVG au cours des cinq dernières années.