IVG : 300 personnes marchent à Montpellier pour défendre l'accès au droit
IVG : 300 personnes marchent à Montpellier

Environ 300 personnes, très majoritairement jeunes, ont participé ce lundi soir à Montpellier à une marche pour défendre l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Organisée par l'interorga féministe de Montpellier, cette mobilisation intervient dans un contexte de restrictions budgétaires pesant sur les associations et de remise en cause de ces droits par certains réseaux ultraconservateurs.

Un droit constitutionnel fragilisé par les contraintes budgétaires

Le 8 mars 2024 marquait l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution. Un peu plus de deux ans après ce symbole fort, l'exercice de ce droit apparaît fragilisé en raison des contraintes budgétaires qui pèsent sur les associations et de certaines disparités territoriales. "Des centres de santé sexuelle ferment, comme dans la Drôme […] D'autres voient leur budget baisser drastiquement", observe l'interorga féministe de Montpellier, à l'origine de la marche.

Ces incertitudes financières continuent ainsi de peser sur le Planning familial de l'Hérault, qui avait lancé un appel aux dons en mai dernier. La mobilisation avait permis de rassembler 20 000 €, ce qui n'ôte pas les inquiétudes de son administratrice Mia Ferret. "On est toujours dans la même situation qu'avant l'été, ce déficit important et pas de solution à long terme pour le résorber."

Des discussions en cours avec la Ville, mais "dans le flou"

Des discussions ont été entreprises avec la Ville pour envisager une contractualisation "avec un horizon à décembre et d'ici là une aide exceptionnelle. Mais on est dans le flou, sans échéance ni montant", relève la responsable, qui tente aussi d'instaurer un dialogue avec le Département et la Région, "mais c'est plus difficile d'avoir des interlocuteurs".

"Si on ne met pas les moyens suffisants pour que les structures comme le Planning familial ou d'autres associations féministes aient la possibilité de mener leurs actions, la constitutionnalisation reste de l'ordre du symbole. C'est ce qu'on disait déjà à l'époque", insiste Mia Ferret.

Un rôle essentiel auprès des jeunes face aux idées ultraconservatrices

Le Planning familial et d'autres associations du monde associatif féministe conservent un rôle essentiel, notamment auprès des jeunes. "On est presque comme un service public car on remédie aux défaillances de l'hôpital qui ne peut pas absorber toutes les demandes, accueillir le public qui a le droit à ces soins-là".

Et continuer d'informer de manière fiable sur l'IVG, dans un environnement marqué par la montée d'idées ultraconservatrices sur ces questions. "On y est confronté au quotidien. Sur l'IVG cela s'est un peu marginalisé. Cela se fait de manière plus insidieuse comme ce projet du milliardaire Pierre-Edouard Stérin qui veut mettre en place des maisons de santé qui reprennent les codes visuels du Planning familial mais à l'intérieur desquelles on fait la propagande contre l'IVG, l'éducation à la sexualité, l'autodétermination de genre…"

Plusieurs centres de ce type ont vu le jour à Lyon et Paris, et un projet a existé pour Montpellier sans se concrétiser pour le moment. "Il faut être d'autant plus vigilant", prévient Mia Ferret.