Fissures sécheresse : le combat des propriétaires face aux assureurs
Fissures sécheresse : le combat des propriétaires face aux assureurs

Une région particulièrement exposée au phénomène RGA

Dans l'ancien Languedoc-Roussillon, le retrait-gonflement des argiles (RGA) menace des milliers d'habitations. Selon Julien Nakad, expert en assurance chez Altaïs Expertise, ce phénomène touche principalement l'Aude, l'Hérault, le Gard et les Pyrénées-Orientales. À l'échelle nationale, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) classe 55 % du territoire en exposition moyenne à forte, soit plus de 12 millions de maisons concernées.

Le dérèglement climatique aggrave la situation : des sécheresses plus longues et des épisodes de réhydratation intenses accentuent les mouvements des sols argileux. Depuis 2026, la sécheresse est devenue le premier poste d'indemnisation du régime des catastrophes naturelles, soulignant l'ampleur du problème.

Des dégâts structurels coûteux pour les propriétaires

Les sols argileux se rétractent pendant les périodes de sécheresse puis gonflent au retour des pluies. Ces mouvements peuvent provoquer des fissures, des déformations du bâtiment, le blocage des ouvertures ou des ruptures de canalisations, allant jusqu'à fragiliser la structure. Les réparations nécessitent souvent une reprise en sous-œuvre des fondations, des travaux particulièrement coûteux pour les propriétaires.

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Des dossiers complexes souvent classés sans suite

Interrogé sur le rôle des assureurs, Julien Nakad explique : « Je ne dirais pas que les assureurs ne jouent pas le jeu. Les dossiers liés au retrait-gonflement des argiles sont parmi les plus complexes à instruire et nécessitent des investigations techniques approfondies pour établir l'origine déterminante des désordres. » Il ajoute : « De nombreux dossiers sont classés sans suite alors que les investigations techniques nécessaires à l'identification de la cause déterminante des désordres n'ont pas été réalisées. Les assurés sont alors dans une impasse. »

Son cabinet, Altaïs Expertise, intervient pour apporter une expertise technique indépendante, compléter les investigations et réunir les éléments permettant un examen objectif du dossier.

Le rôle clé des arrêtés de catastrophe naturelle

Les arrêtés interministériels de catastrophe naturelle sont essentiels pour déclencher la garantie CatNat. Cependant, comme le souligne Nakad, cette reconnaissance ne garantit pas l'indemnisation : « le lien déterminant entre la sécheresse et les désordres doit encore être démontré. C'est à cette étape que notre expertise prend tout son sens. »

Les indemnisations sont en partie prises en charge par la Caisse centrale de réassurance (CCR), un organisme étatique qui réassure les assureurs dans le cadre du régime CatNat.

Des pistes pour améliorer le système

Julien Nakad estime que le système « pourrait gagner en lisibilité, avec des délais plus clairs, une meilleure information des assurés et davantage de transparence dans les expertises ». Il préconise également que l'assuré puisse être accompagné par son propre expert afin de garantir un examen contradictoire et une réparation adaptée.

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