Philippe Héno, maire de Sanary et vice-président de la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume, a rencontré ce jeudi 16 juillet les responsables de l'association « Bien Vivre dans Sud Sainte Baume » (BVSSB), qui a saisi la justice après des « nombreux dysfonctionnements » liés à la délégation de service public pour l'eau et l'assainissement. Cette réunion de deux heures s'est tenue à la demande de l'association, dans un climat « apaisé et constructif » selon l'élu.
Des factures qui ont doublé ou triplé
Depuis le 1er janvier 2025, les délégations de service public confiées à Suez (pour les communes du littoral) et Veolia (pour le haut pays) ont entraîné une augmentation significative des factures pour les quelque 63 000 administrés du territoire. Selon BVSSB, les factures « ont parfois doublé, voire triplé », sans justification, tandis que « la qualité de service s'est factuellement dégradée », dénonce Christophe Roubin, vice-président de l'association. L'association a remis à Philippe Héno un rapport de 39 pages listant « des centaines de problèmes remontés des usagers : compteurs montés à l'envers, réclamations non traitées, recours au recouvrement systématique, fausses alertes de fuites ».
Deux procédures judiciaires engagées
BVSSB a intenté deux actions en justice : l'une devant le tribunal administratif pour contester les contrats de délégation, l'autre en référé judiciaire (audience fixée au 15 octobre) pour contester les factures émises. L'association demande à ce que les usagers puissent régler leurs factures selon les tarifs en vigueur avant 2024, jusqu'à ce que le juge du fond tranche. « C'est la seule façon de défendre vraiment les intérêts des usagers », affirme Christophe Roubin. L'association espère toutefois un accord à l'amiable entre l'agglomération et les délégataires pour revoir les termes du contrat, ce qui entraînerait l'abandon des poursuites.
Philippe Héno : « Écouter tout le monde pour comprendre »
Philippe Héno, qui a pris la délégation de ce dossier nébuleux, a indiqué vouloir rencontrer toutes les associations d'usagers qui le souhaitent, après avoir déjà échangé avec Suez et prévoyant de le faire avec Veolia. Il a souligné qu'il avait « hérité » de la situation et qu'il cherchait « des éclairages » pour « envisager des solutions ». Bien que l'agglomération soit en porte-à-faux (car attaquer le contrat revient à attaquer toutes les parties signataires, y compris Sud Sainte Baume), Héno a reconnu que « c'est aussi, souvent, la seule façon d'atteindre la vérité ». Aucune conclusion hâtée n'est attendue.



