Selon les professionnels du secteur, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n'est pas totalement erroné, il est parfois utilisé pour servir les intérêts des sociétés financières plutôt que ceux des épargnants. Après avoir été exposés à des produits bilanciels, des produits structurés frelatés ou des assurances-vie surchargées, les épargnants se tournent vers le livret A, fiable mais peu performant. L'éducation financière ne pourra se faire qu'avec un discours de vérité et des placements de qualité.
Les finfluenceurs, une source d'information prisée mais risquée
Des influenceurs comme Heu?reka, Mounir Laggoune ou Hasheur, suivis par des centaines de milliers de personnes, expliquent comment investir 10 000 euros ou éviter les erreurs avec les bitcoins. D'après un sondage Opinion Way pour Nalo d'avril 2026, 60 % des Français, dont 91 % des 18-24 ans, consultent au moins un réseau social pour s'informer sur l'argent. YouTube (46 %), Facebook (42 %) et les sites spécialisés (42 %) sont les plus cités.
Cependant, cette pratique expose à des fausses informations ou des arnaques. L'Autorité des marchés financiers (AMF) multiplie les actions de sensibilisation. Les influenceurs doivent fournir une information claire et non trompeuse, et mentionner toute rémunération. Nabilla Benattia-Vergara a été condamnée à 20 000 euros d'amende en 2021 pour promotion trompeuse de cryptos sans indication de rémunération.
Un encadrement renforcé mais insuffisant
Une centaine d'influenceurs ont obtenu un "certificat de l'influence commerciale responsable", option "publicité financière", délivré par l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité avec l'AMF. "Ce certificat n'autorise pas à donner des conseils financiers", rappelle France Mayer, directrice des relations avec les épargnants à l'AMF. Seuls les prestataires agréés et les conseillers en investissements financiers (CIF) peuvent le faire. L'éducation financière ne nécessite pas d'agrément, mais doit respecter la loi du 9 juin 2023 encadrant l'influence commerciale.
Malgré ces garde-fous, le public doit conserver son esprit critique. "Le charisme et le savoir-faire digital ne suffisent pas ! Il faut vérifier leur formation et leur parcours professionnel", recommande Gauthier Haem, directeur du développement de Yomoni, présent sur l'initiative Les Financiers du média Le Crayon.
L'IA, un nouvel outil à manier avec prudence
Les outils d'intelligence artificielle s'invitent dans la relation client-conseiller. "Nos clients nous challengent avec des questions formulées via l'IA", confirme Emmanuel Hardy, président d'Inovéa. Si cela permet de mieux comprendre certaines notions, le risque est présent. "Il n'y a pas de recette miracle : personne, y compris l'IA, ne peut garantir le succès d'un investissement en Bourse", rappelle France Mayer. Il est donc crucial de varier ses sources d'information.



