Lors d'une balade dans la très chic rue d'Auteuil à Paris, notre chroniqueuse Mara Goyet est tombée sur un os : des croquettes pour chien de mauvais goût. Dans sa chronique du 24 juin 2026, elle raconte sa découverte et les tourments idéologiques qui en ont découlé.
Un sachet de croquettes pas comme les autres
Me voilà dans la très chic rue d’Auteuil, à Paris. Je flâne agréablement lorsque, dans une vitrine, apparaît l’objet du délit. Celui qui va déclencher dans mon esprit une tornade de questionnements, de mises en perspective, de tourments idéologiques. Il s’agit d’un sachet de croquettes pour chien en apparence banal (à moins qu’il y ait eu récemment un « croquettegate » qui m’aurait échappé) sur lequel est apposée cette mention clivante : « gibier frais ».
Vous avez bien lu. (« En 2026, la nausée », « si c’est vrai, c’est très grave », commenterait le chœur antique de notre temps.)
Un symbole de déconnexion
Dans ce quartier de Paris, j’imagine que cette mention « problématique » – dont je me fiche néanmoins complètement – a moins d’impact que si nous nous étions trouvés devant le siège des Ecologistes ou du Parti animaliste. Du gibier frais, donc. Le fruit de la chasse, donc. Frais, de surcroît.
La chroniqueuse s'interroge sur le sens de cette offre dans un quartier huppé, où les préoccupations écologiques et animales sont pourtant vives. Elle y voit un paradoxe : proposer de la viande de chasse à des animaux domestiques, alors que la chasse elle-même est de plus en plus contestée.
Une polémique qui interroge
Selon Mara Goyet, ce type de produit révèle un certain mépris des préoccupations contemporaines. « On pourrait croire à une provocation, mais c'est juste du marketing », écrit-elle. L'essayiste souligne que l'étiquetage « gibier frais » pour des croquettes pour chien est un non-sens écologique et éthique, surtout dans un contexte de crise climatique et de défense des animaux.
La chronique, réservée aux abonnés, a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique légitime du consumérisme de luxe, d'autres une simple anecdote sans conséquence.



