Cimetière animalier d'Asnières : 125 ans de passion et de mémoire
Cimetière animalier d'Asnières : 125 ans de mémoire

Le cimetière animalier d'Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, fête ses 125 ans. Inauguré en 1899, il est le plus ancien cimetière animalier d'Europe. Avec 40 000 sépultures sur 2,5 hectares, il témoigne de l'évolution du lien entre les humains et leurs animaux de compagnie.

Un lieu chargé d'histoire et d'émotion

Fondé par la Société protectrice des animaux (SPA), le cimetière accueille toutes sortes d'animaux : chiens, chats, chevaux, oiseaux, mais aussi un lion ou un singe. Les tombes, souvent ornées de statues et de fleurs, portent des épitaphes poignantes. « Les animaux enterrés ici correspondent tous à l'idée qu'un humain se fait de l'amour, de la gloire et de la beauté », explique la conservatrice du lieu, Marie-Laure de Bueil.

Parmi les pensionnaires célèbres, on trouve le chien de l'écrivain Colette, ou encore le cheval du général de Gaulle. Le cimetière est un véritable musée à ciel ouvert de l'histoire des relations entre les humains et leurs animaux.

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Un reflet de l'évolution sociétale

Au fil des décennies, le cimetière a évolué avec la société. « Au début, on enterrait surtout des chiens de chasse ou des chevaux. Aujourd'hui, ce sont majoritairement des chats et des chiens de compagnie », note Marie-Laure de Bueil. Cette évolution reflète la place croissante des animaux dans les foyers français. Selon une étude de la Fédération des fabricants d'aliments pour animaux, 49 % des foyers français possèdent un animal de compagnie, contre 30 % en 1990.

Le cimetière est aussi un lieu de mémoire pour les animaux de guerre. Une stèle rend hommage aux chiens et chevaux morts pour la France lors des conflits mondiaux. « Ces animaux ont donné leur vie pour notre liberté, il est juste de les honorer », souligne un visiteur, ancien militaire.

Un entretien coûteux et des projets d'avenir

Géré par la SPA, le cimetière nécessite un entretien constant. Les concessions, payantes, permettent de financer une partie des coûts. « Une concession pour 30 ans coûte entre 500 et 2 000 euros selon la taille », précise la conservatrice. Mais la SPA doit aussi compter sur les dons et le bénévolat pour maintenir le lieu en état.

Pour l'avenir, la SPA envisage de créer un espace pédagogique pour sensibiliser le public au bien-être animal. « Nous voulons montrer que le respect des animaux ne s'arrête pas à leur mort », conclut Marie-Laure de Bueil.

Un lieu de pèlerinage pour les amoureux des animaux

Chaque année, le cimetière attire des milliers de visiteurs, venus se recueillir sur la tombe de leur animal ou simplement découvrir ce lieu unique. « C'est un endroit apaisant, où l'on ressent tout l'amour que les humains peuvent avoir pour leurs bêtes », confie une visiteuse venue de Lyon. Le cimetière est ouvert tous les jours, et des visites guidées sont organisées le week-end.

En 125 ans, le cimetière animalier d'Asnières est devenu un symbole de la place des animaux dans notre société. Il continue d'écrire son histoire, tombe après tombe, au rythme de l'amour que les humains portent à leurs compagnons.

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