À l'occasion de la Journée mondiale des échecs, célébrée ce lundi 20 juillet, les échiquiers de l'Esplanade à Montpellier sont plus animés que jamais. Entre transmission, rencontres et nouvelles vocations, les parties se succèdent du matin au soir, attirant un public varié, des septuagénaires aux adolescents.
De nouvelles tables pour une tradition ancienne
Depuis la fin des travaux en 2025, six tables avec échiquier intégré ont été installées sur l'Esplanade. Une amélioration significative pour les habitués comme Abdeslam, 70 ans, professeur retraité de physique appliquée, qui joue aux échecs ici depuis plus de trente ans. “Au début, on venait avec nos plateaux, puis il y a eu des tables plus bringuebalantes les unes que les autres. Ces nouvelles tables, c’était une promesse qu’on avait demandé au maire”, se félicite-t-il.
Un lieu de rencontre intergénérationnel
Le septuagénaire vient presque quotidiennement, non seulement pour jouer mais aussi pour partager des conseils. Son poulain du moment est Aliy, un lycéen de 16 ans originaire de Montpellier qui a découvert les échecs sur TikTok il y a deux mois. “Je voyais souvent des vidéos de joueurs, alors j’ai commencé à jouer sur mon téléphone. Mais ça devient très vite ennuyant de jouer contre des bots, ils n’ont aucune faille”, confie le novice. Cela fait seulement une semaine qu’il a entendu parler de cet endroit, et depuis, il vient tous les jours.
Aliy, ancien adepte de jeux vidéo, trouve dans les échecs une alternative bénéfique : “C’est le paradis pour moi ici. L’été dernier, je passais 12 heures par jour à jouer sur mon téléphone, enfermé chez moi. Là, ça me fait sortir, rencontrer du monde… Et puis ça me permet de progresser plus vite car je joue contre des personnes qui ont beaucoup d’expérience”, explique-t-il en regardant avec admiration Abdeslam mater son adversaire. Avant d’ajouter en souriant : “Je préfère être accro à ça plutôt qu’aux jeux vidéo.”
Une thérapie sociale
Chaque jour, des dizaines de parties se jouent sous les yeux parfois curieux des passants. Certains s’arrêtent pour regarder, d’autres n’hésitent pas à s’attabler. Pour Jérémy, un amateur d’échecs de 43 ans, ce lieu a une âme : “C’est une thérapie. Il y a tout le temps du monde, parfois même des musiciens. Et surtout, on y croise toute sorte de personnes : des profs, des camés, des médecins, des SDF…” L’échéquiste vient de perdre sa partie, mais pas de quoi le démoraliser. “On ne perd jamais aux échecs, on apprend. Comme dans la vie”, conclut-il avec un large sourire.



