Le prix du SP95-E10, l'essence la plus consommée en France, s'affiche à 2,119 €/l ce lundi 14 septembre, soit une hausse de 5,70 % en un mois et de 2,00 % en une semaine, selon la plateforme spécialisée carbu.com. Cette flambée, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, provoque un recul inédit de la consommation de carburants dans le pays, avec cinq mois consécutifs de baisse entre avril et août 2026. Alors que des appels à manifester émergent sur les réseaux sociaux pour le 17 octobre, la question se pose : jusqu'où les prix pourraient-ils grimper ?
Une baisse de consommation historique
Pour la première fois de son histoire, la France a enregistré cinq mois consécutifs de diminution de la consommation de carburants, en avril, mai, juin, juillet et août. Cette tendance, provoquée par la hausse des prix à la pompe, pousse les automobilistes à se restreindre. Philippe Casbas, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), a chiffré cette baisse moyenne à 5 % à 6 % de volume de ventes cumulée sur l'année 2026, lors d'une intervention sur RMC.
Des prix qui bondissent, le gazole à 2,309 €/l
Les conducteurs de véhicules diesel ne sont pas épargnés : le gazole est affiché à 2,309 €/l, en hausse de 1,50 % en une semaine. Ces prix pourraient continuer d'augmenter, alors que la guerre entre Washington et Téhéran, entrée dans son septième mois, alimente la hausse du coût des carburants et l'inflation mondiale. Interrogé sur la possibilité de voir des litres à 3 €, Philippe Casbas a qualifié ce seuil d'« irréaliste » dans les semaines à venir, tout en reconnaissant que si le conflit ne trouve pas de résolution, « plus rien n'est invraisemblable ».
Des appels à manifester, le ministre de l'Intérieur réagit
Sur Facebook, Instagram et TikTok, les appels à manifester se multiplient depuis plusieurs jours, se cristallisant autour de la date du 17 octobre. Bien que les racines de cette colère sociale soient similaires à celles de l'automne 2018, toute comparaison avec le mouvement des Gilets jaunes semble précoce. Invité sur France 2 ce dimanche 13 septembre, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est dit prêt à toutes les éventualités : « Effectivement, un certain nombre d'appels circulent sur les réseaux sociaux pour appeler à manifester sur la voie publique », a-t-il souligné, se disant toutefois « toujours très serein » face aux « mouvements de rue ».
Cette situation intervient alors que l'association 40 millions d'automobilistes a lancé le mouvement #balancetonplein face à la flambée des prix, et que certains automobilistes envisagent des alternatives comme l'huile alimentaire. La suite dépendra de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et des décisions des autorités pour répondre à la grogne sociale.



