Aéroport de Rennes : cap sur le million de passagers d'ici 2030
Aéroport de Rennes : cap sur le million de passagers

L'aéroport de Rennes ambitionne d'atteindre le million de passagers à l'horizon 2030-2031, un objectif affiché par la région Bretagne, propriétaire de l'équipement. Pour y parvenir, deux nouvelles lignes vers Milan et Londres seront lancées, tandis que l'infrastructure sera modernisée. Les acteurs locaux alertent toutefois sur la hausse de la fiscalité prévue dans le budget 2027, qui pourrait freiner cette dynamique.

Un trafic en berne depuis la crise du Covid

L'aéroport de Rennes, qui rêvait depuis des années d'atteindre le seuil symbolique du million de passagers, a vu son trafic s'effondrer après la crise du Covid. En 2018, il avait enregistré son record historique avec 856.791 voyageurs, porté par l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais huit ans plus tard, la dynamique s'est inversée. L'an dernier, la plateforme n'a accueilli que 512.000 passagers, un chiffre très loin de l'objectif.

« On ne peut pas se contenter de ce chiffre et malgré le contexte international qui est difficile, il faut que l'aéroport retrouve l'activité qui devrait être la sienne », reconnaît Michaël Quernez, vice-président en charge des mobilités à la région Bretagne. La région a dû remettre 700.000 euros pour renflouer les caisses de l'équipement.

Vinci Airports et la CCI renouvellent la concession

En juillet, la région a renouvelé pour vingt ans la concession des aéroports de Rennes et Dinard au groupement formé par Vinci Airports et la Chambre de commerce et d'industrie d'Ille-et-Vilaine. Un choix du statu quo qui a pu surprendre, mais que l'élu justifie : « Ils sont venus avec un vrai projet de challenger compétitif et non avec un projet de sortants ».

À compter du 1er janvier 2027, « un nouveau chapitre » s'ouvrira pour l'aéroport de Rennes, dans lequel le géant Vinci croit beaucoup. Le renforcement de l'offre au départ de la capitale bretonne, encore très limitée par rapport aux voisins nantais, est une priorité.

De nouvelles liaisons vers Milan et Londres

Début mai, EasyJet lancera une liaison vers Milan avec deux vols par semaine jusqu'en septembre. La compagnie low cost britannique, qui dessert déjà Londres-Gatwick, ajoutera une liaison vers Londres-Luton cet été, également à raison de deux vols par semaine. Ces deux nouvelles lignes s'ajoutent aux liaisons vers Marrakech et Séville ouvertes ces derniers mois.

Pour atteindre l'objectif du million de passagers, l'aéroport va également se transformer en profondeur. Selon son directeur Yannick Bouiller, il s'agit d'être « plus connecté, plus moderne et plus durable ». Dans les prochains mois, tout l'accès à la plateforme sera revu pour un parcours des voyageurs « simplifié, plus fluide et confortable ».

À l'extérieur, un mail paysager et une nouvelle gare routière seront aménagés. À l'intérieur, les halls d'entrée et d'enregistrement seront rénovés, et un salon d'attente pour la classe business verra le jour. « Il faut moderniser l'équipement pour améliorer l'expérience client, qui est un facteur essentiel de la performance d'un aéroport », estime Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de Vinci Airports.

La crainte de nouvelles taxes dans le budget 2027

Pour enfin décoller, l'aéroport de Rennes espère que l'État ne lui mettra pas des bâtons dans les roues. Tous les aéroports français se plaignent d'une trop lourde fiscalité par rapport aux voisins européens. « Un passager au départ de Barcelone paiera 7 euros de taxes sur un billet, un passager au départ de Rennes 35 euros », dénonce le directeur général de Vinci Airports.

Dans son projet de loi de finances 2027, le gouvernement prévoit encore d'augmenter les taxes, ce qui inquiète fortement les petits aéroports régionaux comme Rennes, déjà mal en point. « L'État fait fausse route en continuant à creuser l'écart de fiscalité au bénéfice des aéroports dont il est actionnaire », estime Michaël Quernez. Avant de prévenir : « S'il ne revoit pas sa copie, les collectivités n'auront plus les reins suffisamment solides pour maintenir à flot ces plateformes aéroportuaires régionales. »