Il faudra bien qu'on parle d'Alès autrement. Pas seulement pour des menaces, des trafics ou des faits divers qui, par leur gravité, occupent légitimement l'actualité. Une ville ne se résume jamais à ses blessures. Le territoire a bien plus à offrir.
Un été culturel intense
À la fin de la semaine, les Fous chantants réuniront un millier de voix venues de toute la France et d'au-delà pour deux concerts exceptionnels à Alès. Ce rendez-vous s'inscrit dans une série d'événements qui démontrent la vitalité du territoire. « Même si on est 1 000, on a l'impression d'être en famille… », confient les choristes, impatients de monter sur scène.
Le festival Lol & Lalala, à Anduze, connaît un succès fulgurant. « Le public est fidèle à notre esprit familial et amical », explique GiedRé, l'organisatrice. De son côté, « Barjac m'en Chante » propose cette année 30 concerts, une librairie éphémère et mobilise tout un village pour la chanson française jusqu'au 30 juillet. Ces manifestations prouvent que la culture vit et rassemble dans les Cévennes.
Une identité qui ne cède pas à la peur
Les défis sont réels, personne ne les nie. Ils appellent une réponse ferme. Mais ils ne doivent pas effacer ce qui fait l'âme de la capitale des Cévennes. « L'identité d'Alès ne s'écrit ni sous la menace ni dans la peur », rappelle l'éditorialiste. Elle se construit chaque jour avec ses entrepreneurs, ses associations, ses artistes, ses bénévoles et ses habitants.
Cet été encore, il y aura des refrains plus forts que les intimidations. « J'ai hâte de voir ce que ça va donner », s'enthousiasment les participants, prêts pour une semaine intense de répétitions. Les choristes, dont 66 mineurs, se préparent à interpréter un répertoire croisé Aznavour-Soprano sous la direction de cinq chefs de chœur.
Des moyens techniques à la hauteur
Transformer le Tempéras en scène spectaculaire nécessite deux semaines de travail et 60 techniciens. « J'ai souvent la sensation d'être à la Nasa », confie un technicien, soulignant la complexité de l'installation. Ces efforts témoignent de l'ambition culturelle d'Alès.
Bien sûr, la ville fait face à des problèmes de sécurité, comme l'illustrent les menaces de mort proférées par la DZ Mafia contre le maire. Mais Alès refuse de se laisser enfermer dans cette seule image. Les balles de 9 mm et les enquêtes ne doivent pas occulter la réalité d'une communauté dynamique et solidaire.
Alès est une ville festive et multiple. Et c'est sans doute ainsi qu'il faudra, demain, se souvenir d'elle.



