Entre 1940 et 1944, la France occupée connaît une grave pénurie de carburant. Les voitures, camions et bus doivent alors se convertir au gazogène, un système qui permet de rouler grâce à la combustion de bois ou de charbon de bois.
Le gazogène, une solution de survie
Le gazogène, inventé bien avant la guerre, devient un équipement courant sur les véhicules civils et militaires. Ce dispositif, fixé à l'arrière ou sur le toit des véhicules, transforme le bois en gaz combustible grâce à une combustion incomplète. Ce gaz alimente ensuite le moteur, qui est adapté pour fonctionner avec ce carburant alternatif.
Selon les archives de l'époque, environ 90 % des véhicules en France circulaient au gazogène pendant l'Occupation. Les véhicules équipés de cet appareil étaient souvent plus lents et moins puissants, mais ils permettaient de maintenir une certaine mobilité malgré les restrictions.
Une technologie contraignante mais efficace
L'utilisation du gazogène n'était pas sans inconvénients. Les conducteurs devaient s'arrêter fréquemment pour recharger le réservoir de bois et nettoyer les cendres. La conduite était laborieuse, et les pannes étaient fréquentes. Malgré tout, ce système a permis à de nombreux Français de se déplacer, notamment dans les zones rurales où le bois était abondant.
Les véhicules à gazogène étaient souvent reconnaissables à leur grande cheminée et à leur remorque chargée de bûches. Les bus parisiens, par exemple, étaient équipés de ces dispositifs, et les passagers devaient parfois aider à pousser le véhicule en cas de panne.
Un héritage oublié
Avec la Libération et le retour du pétrole, le gazogène a rapidement disparu de la circulation. Aujourd'hui, il reste quelques collectionneurs qui restaurent ces véhicules d'un autre temps. Mais cette période mérite d'être rappelée, car elle illustre la capacité d'adaptation des Français face à la pénurie.
L'histoire du gazogène est aussi un exemple de solution alternative qui pourrait inspirer les réflexions actuelles sur la transition énergétique. En effet, l'idée de rouler avec des combustibles renouvelables n'est pas nouvelle, et le gazogène en est une illustration historique.



