Solidarité entre veuves et veufs : une association méconnue en Charente-Maritime
Solidarité veuves et veufs en Charente-Maritime

En Charente-Maritime, une association d'entraide entre veuves et veufs existe depuis une dizaine d'années. Encore méconnue, elle apporte un soutien précieux après la perte d'un conjoint. Solidarité détente veuves et veufs de Charente-Maritime compte une quarantaine d'adhérents, unis par le même chagrin : celui d'avoir perdu leur compagnon de vie. Créée en 2014, la structure n'est pas encore très connue dans le département, mais l'aide qu'elle apporte, par le biais d'un réseau d'écoute et d'entraide ainsi que par l'organisation de sorties, est pourtant essentielle.

L'histoire de l'association

L'histoire commence avec Jacques Poupin, fondateur et président. En 2007, cet ancien militaire de l'armée de l'air perd soudainement son épouse. « Je me suis couché en étant marié. Quand je me suis réveillé, elle n'était plus là », raconte-t-il. Il n'a alors que 55 ans. Leur dernière fille est encore petite. Les habitudes, les projets… « Tout s'effondre, c'est brutal », se souvient-il. Au début, il avait la tête dans le guidon, mais après, surtout avec la retraite, il a ressenti un vrai sentiment d'isolement. « Le couple, c'est une identité. On ne sait plus faire sans, alors on se replie sur soi. Le pire, c'est le soir », confie-t-il. Pour le réveillon 2013-2014, son frère, président de l'association vendéenne pour les veufs et veuves, l'invite à passer la soirée avec eux. « C'était super, j'ai passé toute la soirée à discuter avec des personnes qui me comprenaient, qui avaient vécu le même traumatisme », se souvient-il.

Vaincre la solitude

Le retraité décide alors de créer sa propre association en Charente-Maritime. « Ça ressemble à une organisation pour les aînés, à la différence près que nous sommes tous veufs ou veuves. C'est un sujet que l'on ne peut comprendre qu'en ayant vécu quelque chose de similaire. Et puis, nous ne sommes pas faits pour vivre seul, surtout quand on ne l'a pas choisi », déclare Jacques Poupin. Il tente de rassembler des membres et propose des activités : réunions, discussions, randonnées, pique-niques, visites culturelles, restaurants, repas de fin d'année, galette des rois… tout en éloignant ceux qui ne seraient intéressés que pour « faire leur marché », rigole-t-il. « Ce n'est pas une agence matrimoniale ! Je suis obligé de le rappeler à chaque fois ! Parfois ça arrive… Mais ce n'est pas du tout l'objectif de l'association ! »

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Un nouveau cercle social

Il y a trois ans, Dominique Gendraud a rejoint l'association et en est aujourd'hui la vice-présidente. « J'étais assistante de direction. J'avais plus de 200 collègues, trois enfants et des amis à foison. En 2021, mon mari est tombé malade. Ça a été un an d'horreur. Il est décédé en janvier 2022. Nous n'avons pas été vraiment soutenus. Peut-être que notre entourage avait peur de mal faire, mais j'étais très en colère. Je ne m'étais jamais imaginé vivre ça un jour », témoigne-t-elle. Mise à la retraite, elle décide de tout quitter pour venir vivre en Charente-Maritime, près de Saint-Jean-d'Angély. « Il fallait que je fasse quelque chose. Le soir, c'était une horreur », relate-t-elle. Elle contacte alors l'association. « J'ai été super bien accueillie, chouchoutée. Ça m'a permis de m'ouvrir et de m'épanouir. On ne fait pas que pleurer et parler de notre veuvage. On rigole bien surtout. Mais on sait que si on a un coup de blues, on pourra discuter avec des personnes qui ont vécu le même traumatisme et qui nous comprennent », explique-t-elle, aujourd'hui âgée de 56 ans.

S'engager dans l'association lui a aussi permis de continuer une activité sociale : « On essaye d'organiser des activités accessibles au plus grand nombre, notamment des séjours courts à prix réduits. Quand on devient veuf ou veuve, plus rien n'est pareil. On se sent moins en sécurité. C'est la même chose pour les vacances. Où partir ? Comment ? Avec qui ? Il n'est pas question de remplacer la personne que l'on a aimée, mais de penser à autre chose. » Jacques et Dominique sont disponibles pour aider, soutenir et accompagner toutes les personnes qui en ressentent le besoin. Ils peuvent être contactés par téléphone (06 28 18 45 35 ou 06 72 18 77 07), par mail (assov.v17@gmail.com) ou via le site Internet de l'association : assov-v17.e-monsite.com.

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