Le pôle d'inclusion culturel (PIC) vient de naître à Nice, fédérant la compagnie ACA, Le Grain de sable et Manasah. Ce nouvel espace pilote, dédié à la création artistique inclusive, propose des ateliers de danse, théâtre et musique, mêlant personnes en situation de handicap, scolaires, associations et habitants. Objectif : créer des ponts entre les pratiques, favoriser l'accès à la culture et encourager la participation citoyenne.
Un collectif pour élargir l'offre artistique
L'initiative est née de la volonté de trois structures niçoises de mutualiser leurs compétences. « C'est bien de se fédérer pour proposer plus d'interventions », souligne Jacques Laurent, président du Grain de sable. La compagnie ACA, dirigée par la danseuse Aurélia Zabal, apporte son expertise en danse inclusive ; Le Grain de sable et Manasah enrichissent le collectif avec leurs réseaux et leurs pratiques.
Les ateliers, qui se déroulent notamment au 109, espace culturel niçois, accueillent des adultes en situation de handicap moteur ou cognitif, souvent issus du foyer Adapei de la Madeleine. Mais aussi des collégiens, des habitants, et toute personne souhaitant participer. « On travaille avec tous les publics, valides, en situation de handicap, ils sont mêlés, explique Aurélia Zabal. On adapte l'enseignement et la pédagogie en fonction des troubles cognitifs, de la mémoire, du repérage dans l'espace. »
Des ateliers qui transforment les participants
Lors du dernier atelier de l'année, Morgane, Priscilla, Gisèle, Alexandra, Manu et Richard ont exploré une chorégraphie avec des foulards, guidés par Aurélia. Les visages s'éclairent, les participants interagissent, s'aident, se félicitent. « Ils sont dans l'instant avec une vérité brute, témoigne Jacques Laurent. Il faut que le spectateur oublie le handicap, ce sont des acteurs sur scène. »
Pour Manu, résident du foyer de la Madeleine, l'expérience est vécue comme un progrès personnel : « J'ai bien aimé la danse, j'ai progressé. J'apprends quelque chose et c'est magique. Je suis fier de moi. » Morgane, qui a un handicap moteur depuis la naissance, voit dans cet atelier un complément à sa rééducation : « Ça améliore mes mouvements. Je fais aussi du théâtre pour améliorer mon élocution. »
Lutter contre la sédentarité et l'entre-soi
Au-delà de la dimension artistique, le PIC vise des objectifs concrets. « Un axe principal pour moi avec ces ateliers, c'est la lutte contre la sédentarité avec ce public adulte, explique Vincent Belle, éducateur et président du PIC. On travaille sur la coordination, la mémorisation et la valorisation de soi. » Les progrès sont notables, notamment en motricité, même si « nous ne sommes pas dans la thérapie mais dans la création », insiste Jacques Laurent.
Le collectif se veut aussi une réponse à l'entre-soi. « Que tout le monde puisse les découvrir, pour arriver à casser des barrières, montrer qu'ils sont capables de belles choses », s'enthousiasme Aurélia Zabal. Pendant l'année, l'atelier danse a ainsi mêlé les résidents du foyer et les collégiens de La Bourgade à La Trinité, aboutissant à une restitution lors du festival L'autre et moi début juin.
Un rendez-vous à la rentrée
Les participants se retrouveront en septembre pour une nouvelle saison d'ateliers. Le PIC prévoit d'étendre ses actions à d'autres domaines artistiques et de toucher un public plus large. Pour tout renseignement, contacter l'association PIC à association.pic06@gmail.com ou au 06.50.05.90.24.



