Claudie Chastang, une vie dédiée à l'inclusion dans le Gard
Claudie Chastang, figure marquante de l'histoire du village de Concoules dans le Gard durant la seconde moitié du XXe siècle, s'est éteinte récemment en toute discrétion, conformément à ses dernières volontés. Il est cependant impossible de ne pas rendre hommage à cette femme dont l'action restera gravée dans la mémoire collective de tous ceux qui l'ont connue.
Les débuts d'une vocation
En 1957, après l'obtention de son diplôme d'éducatrice spécialisée à Montpellier, Claudie Chastang décroche son premier poste aux mas Saint-Alban, à Saint-Privat-des-Vieux. C'est là qu'elle rencontre Rose André, originaire de Concoules, et Georges Évesque, un viticulteur voisin président de la MSA. Cette rencontre décisive lui permet de concrétiser un projet qui lui tenait particulièrement à cœur : créer un institut médicopédagogique pour jeunes filles en situation de handicap.
L'institut voit le jour en 1959 à Génolhac, dans une colonie de la MSA, marquant le début d'un engagement profond pour l'accompagnement des personnes vulnérables.
L'innovation révolutionnaire : l'Esat de la Cézarenque
L'idée la plus novatrice de Claudie Chastang émerge ensuite : permettre à ces jeunes filles, devenues adultes, de trouver un emploi adapté à leurs difficultés. Ainsi naît le centre d'aide par le travail, plus tard renommé Esat, de la Cézarenque. Cette ferme d'élevage de chèvres, de moutons et de volailles, associée à des ateliers de transformation alimentaire, est inaugurée à Concoules en 1972, accompagnée de son foyer d'hébergement.
Au fil des années, la notoriété des produits de la Cézarenque dépasse largement le cadre communal, grâce à des circuits de livraison départementaux et régionaux. De très nombreux groupes scolaires et associatifs bénéficient de visites pédagogiques, conclues par un repas et une animation chantée sous la direction de Claude Fayet.
Une gestion empreinte d'humanité
Dotée d'un fort caractère mais toujours ouverte à la discussion avec empathie, Mlle Chastang, comme on l'appelait respectueusement, était très appréciée à la fois des travailleurs de l'établissement et du personnel encadrant. Beaucoup de ces employés étaient natifs des communes environnantes, ce qui leur a permis de « rester au pays », renforçant ainsi l'ancrage local de la structure.
Grâce à son écoute attentive face à toutes les propositions d'innovation, la Cézarenque connaît un développement remarquable, doublant quasiment ses capacités d'accueil en vingt ans.
Une retraite vigilante
Claudie Chastang passe les vingt-sept années de sa retraite au hameau de Besou avec Rose André, tout en gardant un regard critique sur l'évolution de l'établissement et ses relations directes avec la société. Son nom mérite sans aucun doute d'être gravé dans la mémoire de la Cézarenque et du Gard tout entier.
C'est le moindre hommage que l'on peut rendre à cette femme qui a consacré une grande partie de sa vie aux autres, laissant derrière elle un héritage durable en matière d'inclusion et de solidarité.



