Samedi 24 octobre 2026, à la Fraternelle de Correns, des bénévoles ont mis à disposition des sinistrés du feu du Gros Bessillon des centaines de plants en pot afin de leur donner la possibilité de reverdir les jardins détruits par les flammes l'été dernier. L'initiative, portée par Anaïs Clercx et Laurette Sartoni, a rassemblé des dizaines de personnes malgré un vent mordant.
Une collecte solidaire pour reverdir les jardins
À l'initiative d'Anaïs Clercx et de Laurette Sartoni, une collecte de plants en pots a été effectuée depuis des semaines auprès de particuliers afin de les donner aux sinistrés. L'incendie du Gros Bessillon a ravagé plus de 6 000 hectares sur les communes de Pontevès, Barjols, Cotignac, Correns, Montfort-sur-Argens, Châteauvert et Le Val, pendant plus d'un mois, du 22 juillet 2026 à la deuxième quinzaine d'août.
« Nous souhaitons aider les sinistrés à reverdir leur jardin et leur apporter un peu de baume au cœur », résume Anaïs, laquelle gère une entreprise de conception paysagère à Barjols. « Nous avons également travaillé avec deux pépinières : Les Bancaous à Cabasse et La Soldanelle à Nans-les-Pins. »
Des sinistrés témoignent et espèrent
Sur place, plusieurs sinistrés viennent chercher des pots. Parmi eux, Thomas et Sarah Vassal, venus de Cotignac. « Nous avons pris connaissance sur Facebook de cette action solidaire. Cela m'a plu et j'ai voulu d'abord aider, mais je me suis rendu compte que nous en avions besoin aussi », explique Sarah. « Nous avons notre propriété dans le quartier de la Caillade à Cotignac. Une partie de notre maison a été détruite par les flammes et notre jardin ravagé », décrit son mari, Thomas. « Notre jardin est lugubre, on va pouvoir lui redonner vie d'ici le printemps », espère le couple.
Cette action solidaire pousse le curseur encore plus loin. « Si les sinistrés le souhaitent, ils peuvent embarquer avec eux des bénévoles pour aller mettre en terre les plants directement dans leur jardin », sourit Laurette Sartoni. Tous ne le font pas cependant. « Le traumatisme est encore là : il y a de la pudeur, et les gens n'ont pas forcément envie de faire entrer des gens chez eux », rapporte Annie Herard-Meyer. Bénévole, la sexagénaire a fait le déplacement depuis Trans-en-Provence pour « donner un coup de main » avec l'envie de « redonner espoir à des personnes qui ont tout perdu pour certains ».
Vers la reconstruction
Pour Thomas et Sarah Vassal, le temps est presque déjà à la reconstruction. « Nous avons enfin terminé toutes les démarches avec l'assurance. Cela a été long », racontent-ils dans un souffle. « Désormais, les travaux pour reconstruire la partie de la maison brûlée vont pouvoir débuter. » Une once d'espoir pour les deux Cotignacéens, lesquels ont dû se reloger ailleurs en attendant.
Jusqu'à 16 heures, les bénévoles sont restés présents pour apporter cette aide aux victimes de l'incendie. Un besoin pour les organisatrices. « À Barjols, nous avons été moins impactés qu'à Correns ou à Cotignac, mais cet été a été un véritable traumatisme et nous nous devions d'agir et d'aider, en apportant nos connaissances », raconte Anaïs, laquelle avait fait germer cette idée dans la foulée de l'incendie. « Avec des essences résilientes parce que cela risque de se reproduire, hélas… »