L'Îlot vert de la Soulondres : une coopérative d'habitants unique à Lodève
Coopérative d'habitants de l'Îlot vert bientôt dans ses murs

Dans quelques mois, les futurs habitants de l'Îlot vert de la Soulondres, à Lodève, emménageront dans leurs nouveaux appartements. Ce projet dépasse le simple logement : il incarne une aventure collective et écologique. « On a déjà récolté une centaine de salades », annonce fièrement Anne Goepfert, l'une des fondatrices. Ce partage a débuté cet été autour d'un geste simple et savoureux, à l'image de l'ensemble du projet.

Une aventure née de rien

Ce vendredi 19 septembre, les 21 coopérateurs ont célébré une étape majeure : la mise hors d'eau et hors d'air du bâtiment qu'ils habiteront. En avril 2021, ce groupe de cinq femmes sans ressources avait remporté un appel à projets face à des promoteurs immobiliers. « Quand on a démarré, on était cinq femmes sans le sou, avec entre zéro et 5 000 € sur nos comptes. Les banques ne nous calculaient même pas », raconte Anne Goepfert.

Un modèle participatif et solidaire

Les porteuses de projets voulaient initialement empêcher la bétonisation d'une terre fertile et développer une activité maraîchère. La crise du Covid a renforcé leur réflexion sur la résilience alimentaire. Très vite, le projet d'habitat a émergé, avec la réhabilitation complète de cette ancienne ferme. La coopérative a été constituée : chaque membre achète des parts selon ses moyens, mais le principe est « une personne, une voix ». La coopérative emprunte à la banque, et les habitants sont à la fois locataires et propriétaires de parts. « S'ils partent, ils revendent leurs parts, pas le logement. Aucune spéculation n'est possible », précise Anne Goepfert.

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Un projet exemplaire et écologique

Estimé à 4,5 millions d'euros, le projet a reçu 500 000 € du fonds vert de l'État. Les 21 futurs habitants occuperont des appartements de 38 à 80 m² dans un immeuble de deux étages. Ils partageront deux chambres d'amis, une salle de réunion, une grande cuisine, une buanderie et un atelier pour outils de jardinage et bricolage. Un 22e logement sera réservé à l'urgence, confié à une association. Le bâtiment sera équipé de panneaux solaires et d'un double réseau pour récupérer les eaux grises. Le groupe avait envisagé des murs en terre et paille et des toilettes sèches, mais les contraintes réglementaires et financières les en ont dissuadés.

Un potager déjà actif

La vocation maraîchère reste primordiale : 6 000 m² de terrain accueillent un potager, des poules et des arbres fruitiers. Des collégiens de Segpa du collège Paul-Dardé, voisin, sont déjà venus aider. « Ce sont nos voisins, et les enseignants s'intéressent au projet. Nous organiserons des stages de permaculture », explique Anne Goepfert. Tout se décide collectivement, ce qui implique de nombreuses réunions. « Nous avons décidé d'accepter trois chiens, pas un de plus. On se met d'accord sur tout », ajoute-t-elle. La solidarité se manifeste aussi par la garde d'enfants, les courses partagées, le covoiturage ou le prêt de vélos.

Témoignage : « De la joie et de la souplesse »

Germain Angeli, 75 ans, le doyen du groupe, va quitter son petit appartement pour un 40 m² spacieux. Truelle en main, il se réjouit d'apprendre beaucoup. « Le système de gouvernance empêche les problèmes de leadership et d'ego. Il faut apprendre à lâcher prise. Je dirais qu'il faut de la joie et de la souplesse », confie-t-il.

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