Il faut un certain culot pour intituler son premier livre « Privilèges. Ce qu’il reste à abolir » (JC Lattès, 2025), quand on s’appelle Alice de Rochechouart et que l’on appartient à la plus ancienne famille noble de France, dont les origines remontent au Xe siècle. Et pourtant, la trentenaire déconstruit avec brio « le mythe de la méritocratie à la française » et démontre que, si les privilèges ont bien été officiellement abolis la nuit du 4 août 1789, ils n’ont pas pour autant disparu, ils ont juste changé de visage.
Une philosophe engagée
Dans ce texte vivifiant, elle rappelle le « pouvoir de subversion » de la philosophie, une discipline qui invite par nature à « questionner l’ordre établi » et offre des « espaces de résistance » permettant d’imaginer d’autres façons de faire société. Cet état d’esprit est en rupture avec le milieu « bourge de droite » dans lequel la philosophe de 37 ans a grandi, ainsi qu’avec les valeurs véhiculées par l’établissement catholique privé où elle a été scolarisée – « le genre d’endroit où le grand enseignement est l’obéissance » – ou celles de l’école d’…
Une rupture assumée
Alice de Rochechouart met sa gouaille au service de luttes de gauche. Elle explique : « Plus je me confronte au monde, plus je me gauchise ». Son parcours illustre une prise de conscience progressive des inégalités structurelles et de la nécessité de les combattre.
Son livre, salué par la critique, propose une analyse acérée des privilèges contemporains, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels. Elle y dénonce les mécanismes de reproduction des élites et appelle à une véritable égalité des chances.
Un manifeste pour l'égalité
Au-delà de son histoire personnelle, Alice de Rochechouart offre une réflexion profonde sur la société française. Elle montre comment les privilèges se sont transformés et adaptés, rendant leur abolition plus complexe qu’il n’y paraît. Son travail s’inscrit dans une tradition philosophique critique, tout en étant accessible au grand public.
Ce portrait fait partie de la série « Les 50 qui vont faire demain », qui met en lumière des personnalités émergentes dans divers domaines. Alice de Rochechouart incarne cette nouvelle génération d’intellectuels engagés, prêts à bousculer les certitudes et à proposer des alternatives.



