Un dépistage tardif aux conséquences lourdes
En cas de dépistage tardif, le trouble auditif est plus délicat à traiter, en plus d’éventuels dégâts psychosociaux et cognitifs. Dommage, car les avancées technologiques ont allégé l’appareillage. Ce mardi matin, à la vue du camion bleu et jaune stationné sur les allées de Serr à Bordeaux Bastide, certains passants choisissent de faire un détour, préférant rester dans le déni. D’autres, au contraire, franchissent le pas. « C’est l’occasion de vérifier », glisse ce quinquagénaire. « Ma femme et mes enfants n’arrêtent pas de me dire que je deviens sourd », sourit-il, un peu inquiet tout de même par le verdict du test d’audition proposé par Audika, une société d’appareillage.
Un quart de la population française concerné
Si la santé auditive reste un sujet tabou, car encore associé au grand âge dans l’imaginaire collectif, les troubles de l’audition affectent un quart de la population française, et 65 % des plus de 65 ans, atteste l’Inserm dans son étude « Troubles de l’audition ». « Au total, le nombre de malentendants est évalué à 6 millions de personnes au niveau national », confirme la Fondation pour l’audition, un organisme rattaché à l’Institut Pasteur destiné à soutenir la recherche et l’innovation mais aussi sensibiliser le grand public à la nécessité de prendre soin de son capital auditif.
Les causes de la perte auditive
Un chiffre en augmentation, en raison de l’allongement de la durée de vie et du vieillissement de la population : la perte auditive peut intervenir à partir de 50 ans, c’est ce qu’on appelle la « presbyacousie ». Autre facteur aggravant : « la surexposition sonore croissante, en raison de l’urbanisation galopante et des environnements sonores mal contrôlés », détaille la Fondation pour l’audition. En cause, l’exposition prolongée et répétée à des niveaux sonores élevés dans la vie quotidienne (musique, casque, bruits de circulation etc.).
Quand elles ne sont pas congénitales (et dépistées à la naissance ou dans les mois suivants), les déficiences auditives peuvent aussi être liées à un traumatisme acoustique, une otite, un accident (de plongée par exemple), ou une toxicité médicamenteuse, décrypte l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Dépister au plus tôt pour mieux traiter
Pourtant, le dépistage n’est pas systématique. Voire complètement oublié. Pour combler ce « trou dans la raquette », et toucher toutes les typologies de villes, notamment les communes rurales, le groupe Audika sillonne la France à bord de centres mobiles aménagés dans des camions et stationnés sur les places, au milieu des marchés. Lors de ces quelque 350 dates annuelles, « un prédépistage gratuit et sans aucun engagement est proposé », expose Maëlys Auvray, chargée de marketing événementiel chez Audika. « C’est important de dépister et de traiter les troubles au plus tôt pour bénéficier d’un appareillage confortable et léger », dit-elle en expliquant le « bond technologique réalisé ces dernières années ». « Aujourd’hui, certains appareils sont intra-auriculaires et invisibles ».
Un premier pas utile
S’il révèle un trouble, le test réalisé dans le camion mobile devra être complété par un bilan médical en cabine insonorisée chez un ORL. Mais ce premier pas est utile. Pour preuve, en 2025, sur les 12 000 personnes testées dans le camion en 2025, 9 000 présentaient une déficience. Avec, sans traitement, un risque d’isolement social ou de fatigue cognitive.



