Dans un secteur marqué par une densification rapide, Pierre Ippolito, vice-président de la Métropole délégué à l'Aménagement de la plaine du Var, prône un changement de cap radical. Il détaille sa vision pour la plus grande réserve foncière du territoire.
Un constat d'ultradensification
« Jusqu'à présent, l'aménagement de la plaine du Var répondait uniquement à une logique d'équilibre financier : pour amortir le prix élevé du foncier, on a construit des tours. Nous avons abouti à une ultradensification et une ultrabétonisation à travers de grands complexes mêlant commerces, bureaux et logements », déplore Pierre Ippolito. Il appelle à retrouver une logique d'intérêt général et à cesser de raisonner parcelle par parcelle. Il salue toutefois la mobilité pensée en amont, avec l'axe Simone-Veil et le tramway.
Un modèle alternatif pour le logement
Pour loger les actifs sans reproduire ces erreurs, Ippolito estime que « la plaine du Var ne peut pas être la seule solution à la problématique du logement ». Il cite Saint-Isidore comme modèle : des immeubles de 4 à 6 étages, avec de la verdure et une vue préservée sur les collines.
Redonner du sens à l'Écovallée
Il s'engage à ce que les futurs aménagements, notamment dans le quartier Parc Méridia, soient plus verts, avec des espaces de respiration, des parcs canins et pour enfants. « Cependant, il faut être pragmatique : acheter des terrains à plus de 100 euros le mètre carré pour y faire uniquement des parcs n'offre aucun équilibre financier. » Il propose de multiplier les terrains de sport, qui offrent des zones aérées et perméables tout en étant utiles.
Lutte contre le détournement des terres agricoles
Des dizaines d'hectares classés en zone agricole depuis 20 ans sont inexploités, ce qui entraîne spéculation et détournements d'usage. Ippolito souhaite que l'État soit plus sévère et propose d'implanter des entreprises agricoles innovantes, voire de racheter des terres pour les confier à la Chambre d'agriculture.
Solutions pour désengorger la circulation
Le boulevard du Mercantour est saturé. Ippolito propose de prolonger l'avenue Simone-Veil jusqu'à Lingostière, et de supprimer le péage de la RM 6202 bis lors de la fin des concessions autoroutières en 2032. Pour les habitants des collines, il envisage des parkings relais et la valorisation des Chemins de Fer de Provence.
Services publics et attractivité économique
Ippolito reconnaît le manque d'équipements : un nouveau collège est nécessaire dans le secteur Parc Méridia, ainsi qu'une grande école privée à l'ouest de Nice. Pour l'attractivité économique, il recentre les priorités sur deux filières : les industries culturelles et créatives, et la santé. « L'attractivité, c'est d'abord garder et faire grandir nos entreprises locales », insiste-t-il.
Un port industriel relancé
Le projet d'un port industriel près de l'aéroport est ressorti des cartons. Ippolito le défend sur le plan écologique : faire venir un navire pour approvisionner l'aéroport en kérosène plutôt que des camions depuis Fos-sur-Mer. Une étude de faisabilité a été lancée.
Une méthode participative
Ippolito assure vouloir coconstruire les projets avec les citoyens : « Ce sont les habitants d'un quartier qui savent le mieux où placer une voie ou un parc. » Il invite les personnes intéressées à le contacter directement.



