Le projet Cœur de village de La Croix-Valmer est entièrement repensé par la nouvelle municipalité. Le maire Nicolas Patel a annoncé que les premiers croquis du nouveau visage du village seront dévoilés d'ici la fin de l'année 2026. Cette refonte fait suite au rejet massif du programme initial lors de l'élection municipale.
Un projet initial rejeté par 66 % des électeurs
Lors du conseil municipal du mardi 8 septembre, les élus ont pris acte du compte rendu annuel de la concession d'aménagement conclue avec la Société publique locale Méditerranée (SPLM). Ce programme, porté par l'ancienne municipalité, prévoyait 240 logements, 750 places de parking et 1 000 m² de surface commerciale. Il a été massivement rejeté lors du scrutin, comme le rappelle le maire : « Celui-ci a été massivement rejeté lors du vote de l'élection municipale, puisque Muriel Lecca Berger et moi-même étions contre ce projet. »
Le rejet est chiffré à 66 % des voix, en additionnant les résultats des deux candidats opposés au projet. L'opposition, menée par René Carandante, a profité de la séance pour interroger la majorité sur l'avancement du dossier, via des questions écrites transmises avant la réunion. Une méthode qui a laissé peu de place au débat direct entre adversaires politiques.
Un groupe de travail citoyen de 25 personnes
Pour concevoir le nouveau Cœur de village, le maire a constitué un groupe de travail apolitique. Il est composé de 25 personnes, résidents permanents ou secondaires, dont six architectes. Nicolas Patel précise : « C'est un groupe apolitique. L'objectif n'était pas de réunir les différentes forces du conseil municipal mais de former un groupe de Croisiens engagés. »
Ce groupe s'est déjà réuni à quatre ou cinq reprises. Selon l'édile, « ils sont rentrés très vite dans la composition du village car notre objectif est de dessiner un nouveau village ». La reconfiguration prévoit une nouvelle mairie, des bâtiments municipaux, des logements et des aménagements. Le maire affirme : « Nous faisons table rase du passé. »
L'opposition regrette de ne pas avoir été invitée à participer à ce groupe. Elle demande des comptes rendus des réunions et s'interroge sur l'avancement des « réflexions » du maire.
Un architecte de cohérence et des contraintes à gérer
Pour synthétiser les idées et proposer un projet commun, la municipalité va collaborer avec Xavier Bohl, architecte de cohérence basé à Port Grimaud. Il est un ancien collaborateur de François Spoerry, le père de la cité lacustre.
Plusieurs contraintes rythment la progression. D'abord, la convention avec l'Établissement public foncier (EPF) court jusqu'à fin 2027. Cet organisme accompagne les collectivités dans l'achat et la préparation de terrains. Le maire explique : « Les représentants de l'EPF nous ont indiqué qu'ils étaient favorables et prêts à continuer de nous accompagner comme ils font depuis 15 ans mais ils souhaitent que l'on rachète les parcelles acquises. »
Ensuite, les conditions de collaboration avec la SPLM doivent être renégociées. Nicolas Patel ne souhaite pas dénoncer le contrat mais veut engager des négociations à l'automne. Il précise : « Je me ferai accompagner d'avocats car nous sommes dans un contexte difficile. Nous avons déjà payé environ 2 millions à SPLM et nous avons honoré les échéances comprises dans le contrat. »
Les premiers croquis « de ce que pourrait être le village de demain » devraient être présentés d'ici la fin de l'année. Le maire projette également la première répartition des lots pour fin 2027.



