Cagnes-sur-Mer : la friche du Cros deviendra crèche et jardin partagé
Cagnes-sur-Mer : abandon du projet de logements sociaux au Cros

Fin du feuilleton au Cros-de-Cagnes. Les villas fleuries n'auront pas de vis-à-vis. Engagés dans un bras de fer avec Erilia depuis quatre ans, les propriétaires de ces demeures de pêcheurs, bâties en 1926, ont fini par faire plier le bailleur social, qui prévoyait une trentaine de logements sociaux. Non pas dans un immeuble, mais dans neuf maisons et des appartements réaménagés, en lieu et place d'une friche.

Un recours victorieux

Les riverains ont fait bloc en déposant un recours. Recours qui n'a plus besoin d'être étudié par le tribunal administratif de Nice : le 19 mai, le promoteur a abdiqué, formulant une demande d'annulation auprès de la mairie. Dont acte. Dix jours plus tard, Bryan Masson cassait le permis de construire délivré, un an plus tôt, par son prédécesseur Louis Nègre. En mars, déjà, l'arrivée au pouvoir de l'édile Rassemblement national sonnait l'hallali pour Erilia. Après une campagne électorale déplorant « le bétonnage d'un quartier historique », toute négociation semblait vaine.

Pas d'indemnités pour Erilia

Intransigeance bien inspirée. Tout d'abord parce que le bailleur social « n'a pas exigé d'indemnités », explique l'élu, « ils ont plus de 1.000 appartements sur la commune et souhaitent continuer notre collaboration. Il ne faudrait pas perdre cette bonne relation. » Ensuite, parce que dans le quartier la promesse de campagne a offert une victoire écrasante à l'ex-député. Et ce, grâce au soutien décisif de la Casa du Cros, collectif fondé par Jean-Pierre Woignier.

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Les arguments des opposants

Le riverain acharné dénonçait, pêle-mêle, « les travaux qui vont déstabiliser les fondations anciennes de nos maisons ; la laideur des prétendues « villas miroir », mais qui ne sont que de vulgaires pastiches ; l'arrivée de nouveaux habitants alors que les infrastructures de notre ville sont déjà saturées. »

Un contre-projet alternatif

Pour faire barrage au bailleur social, Jean-Pierre Woignier, également président du Cercle cagnois et de la Commune libre du Cros, n'a pas hésité à s'allier avec l'extrême droite, provoquant un tollé à la gauche de ses rangs. Mais finalement, parier sur le poulain du RN ne s'avère-t-il pas gagnant ? L'éditeur à la retraite se voit promu adjoint en charge du Cros et du Val-Fleuri. De quoi avoir les coudées franches pour réaliser son contre-projet.

Plébiscitée par une pétition ayant récolté 4.500 signatures et par une centaine de manifestants en mars 2025, l'alternative prévoit la transformation de la ruine en crèche et maison de santé, privées ou municipales. Ce qui n'avait pas convaincu l'ancienne municipalité. Dans nos colonnes, elle pointait que des « créations de services, aux frais du contribuable, [qui] existent déjà. Bizarrement, [il n'y a] aucun logement social, […] alors même qu'ils font cruellement défaut pour les Cagnois. » La ville compte en effet 2 300 demandes.

Un projet pour 2029

Le nouvel adjoint estime que « si on veut garder l'âme du Cros, il faut rester un village. Nous allons donc aménager un foyer de 150 m2, ouvert à tous les habitants et les associations, un lieu intergénérationnel. À côté, nous ferons un jardin partagé, où les élèves de l'école Gambetta cultiveront les légumes pour leur cantine », déroule-t-il, impatient… bien que rien n'adviendra avant 2029. Et pour cause : « Il reste à étudier la faisabilité du projet. »

La Casa du Cros maintenue jusqu'à la première pierre

Est-ce la fin de la Casa du Cros ? « Certainement pas », tranche Jean-Pierre Woignier. Ce qui n'est pas sans surprise : l'objectif du collectif n'est-il pas atteint ? « Pas encore », rétorque la figure associative, qui entend bien garder son indépendance – ou du moins un moyen de pression – vis-à-vis de sa propre majorité municipale. Même si je me suis engagé, il faut savoir où l'on va et ne pas mélanger les genres. On brûlera les statuts du collectif lorsque la première pierre sera posée », affirme-t-il, laissant entendre que la mobilisation reste de mise tant que les engagements pris ne se concrétiseront pas.

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