Au Rouret, le conseil municipal refuse à nouveau 108 logements sociaux
Au Rouret, nouveau refus pour 108 logements sociaux

Le conseil municipal du Rouret, réuni en urgence le jeudi 23 juillet, a une nouvelle fois exprimé son opposition au projet immobilier de 108 logements sociaux porté par la commune voisine de Châteauneuf-Grasse. Par un vote unanime, les élus ont rendu un avis défavorable dans le cadre de la consultation sur le plan local d'urbanisme (PLU) de Châteauneuf-Grasse. Le projet, situé chemin de Barnarac, en limite des deux communes, au quartier Saint-Jeaume, à proximité du collège, prévoit la construction de logements sur une parcelle de 6 860 m².

Un combat de longue haleine

Le maire du Rouret, Gérald Lombardo, a retracé l'historique de ce dossier qui dure depuis plus de dix ans. « Nous nous opposons depuis 2012 à cette opération immobilière excentrée de la commune-mère et surtout en limite proche de notre commune », a-t-il déclaré. Il a qualifié le projet de « poche urbaine aux portes de la forêt », soulignant que le terrain se trouve « en espace naturel à protéger ».

Selon le maire, ce projet aurait « des conséquences négatives pour le futur » et impacterait « considérablement l'environnement, les massifs forestiers notamment et l'aménagement du territoire communal ». Il a également évoqué la notion de « mitage urbain irrémédiable et une hyperdensité dans un secteur sous-équipé », qui entraînerait des dépenses publiques supplémentaires pour les voiries et l'extension des réseaux.

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Des procédures juridiques engagées

Gérald Lombardo a détaillé les actions déjà menées par la municipalité : une motion de rejet adoptée en 2012, des délibérations refusant le raccordement aux réseaux, une pétition publique, et des démarches juridictionnelles qui ont conduit à l'annulation de documents d'urbanisme. Le conseil municipal a également invoqué l'incompatibilité du projet avec plusieurs textes réglementaires : le plan de prévention des risques naturels et feux de forêt, la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), la loi Climat et Résilience, ainsi que le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) et la protection des espaces naturels.

La ville du Rouret estime par ailleurs que le projet ne respecte pas la trame verte et bleue du schéma de cohérence territoriale (SCOT), approuvé par arrêté préfectoral en novembre 2014. Cette trame vise à préserver les continuités écologiques entre les espaces naturels.

Un projet jugé trop dense

Le projet prévoit une densité élevée de logements sur une surface relativement modeste : 108 logements sur 6 860 m², soit environ 15,7 logements par m². Pour les élus du Rouret, cette densité est excessive dans un secteur dépourvu d'infrastructures suffisantes (écoles, transports, commerces). Ils redoutent une pression accrue sur les réseaux d'eau, d'assainissement et de voirie, dont la gestion incomberait en partie à la commune du Rouret.

Le maire Lombardo a insisté sur la nécessité de préserver le caractère rural et forestier de la zone, menacé par ce qu'il considère comme une urbanisation débridée. « Ce projet est une poche urbaine aux portes de la forêt », a-t-il répété, appelant à une meilleure planification territoriale respectueuse de l'environnement.

Des recours possibles

Le vote du conseil municipal n'est qu'une étape dans la procédure d'élaboration du PLU de Châteauneuf-Grasse. La commune du Rouret pourrait engager de nouveaux recours juridiques si le projet était maintenu. L'opposition locale reste déterminée, comme en témoigne l'unanimité du vote et la mobilisation citoyenne. Affaire à suivre.

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