Le 28 septembre dernier, le café Chapristea à Toulouse a accueilli la première édition des Cafés Compagnons, un espace de parole dédié au deuil animalier, coorganisé par Myriam Giannoni-Batut, praticienne en communication animale, et des bénévoles de l’association Happy End. Six participants, de tous âges, se sont réunis pour partager leur chagrin et briser le silence autour de la perte d’un animal.
Un concept parisien adapté à Toulouse
Inspiré d’un concept lancé à Paris il y a trois ans, l’événement toulousain est porté par Myriam Giannoni-Batut, accompagnante du pré-deuil et du deuil animalier, ainsi que par Fabienne et Sylvie, bénévoles de l’association Happy End, connue pour ses Apéros de la mort. Autour de la table, une boisson chaude à la main, les participants ont pu évoquer leur peine sans crainte d’être jugés.
La culpabilité, un sentiment partagé
Chiens, chats, gecko ou serpent : les animaux disparus diffèrent, mais la culpabilité est omniprésente. Chloé, dont la chienne Iris est décédée le 8 mai à 13 ans, raconte : « On ne voit pas nos animaux vieillir, on les pense invincibles. » Accusée de maltraitance, sa famille a dû faire face à un drame brutal. Pauline, dont la chatte Lady, 18 ans, est morte le 4 septembre, exprime son regret : « Je m’en veux de ne pas avoir été avec elle quand elle avait le plus besoin de moi. »
L’absence au quotidien et l’attachement aux NAC
Au-delà du choc, c’est l’absence au quotidien qui pèse. « L’absence est criante. J’ai toujours l’impression qu’elle est là », confie la mère de Pauline. Les propriétaires de nouveaux animaux de compagnie (NAC) sont aussi concernés : Maxence contemple le terrarium vide de son serpent, mort après un an, tandis que Sarah se souvient des hurlements de douleur à la mort de son gecko Nix : « Ça a appris aux gens autour de moi que ce n’est pas parce que c’est un animal différent qu’on ne s’y attache pas. »
Un processus de deuil qui se transforme
Myriam Giannoni-Batut apaise les craintes : « On ne fait jamais vraiment le deuil d’un animal. On vit avec, et au fur et à mesure, le deuil se transforme en souvenir. Mais attention : un nouvel animal ne doit pas être un pansement sur lequel on projette l’ancien. » Pour Pauline, atteinte de troubles autistiques, Lady a été un ancrage : « Elle m’a appris le contact physique, à sortir de mon isolement, à comprendre les émotions et le consentement. »
Les participants repartent allégés. « C’est important d’avoir ce genre de lieu. Ce sont des choses dont on ne parle pas forcément en famille par peur d’être jugé », témoigne la mère de Pauline. Sarah ajoute : « J’ai dit tout ce que j’avais à dire et ça fait du bien. » Face au succès, le prochain Café des Compagnons se tiendra le 3 novembre à Toulouse.