Le report du plan grand âge inquiète la Défenseure des droits
Alors que le plan grand âge du gouvernement est une nouvelle fois reporté en raison d'un remaniement politique imminent, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a exprimé son inquiétude ce vendredi. Elle a insisté sur les dossiers qui nécessitent une action urgente, notamment la révision du taux d'encadrement dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Un taux d'encadrement insuffisant dans les Ehpad
Claire Hédon a souligné l'urgence de faire passer le taux d'encadrement de 6,5 professionnels pour 10 résidents à 8 pour 10, un minimum selon elle. « Dans plusieurs Länder en Allemagne, il est de dix pour dix. Dans les pays du nord de l'Europe, il est de dix sur dix. Donc, quand on demande huit sur dix, je dirais c'est un minimum », a-t-elle précisé. Elle a ajouté que ce taux permettrait de mieux prendre en charge les personnes âgées, tout en reconnaissant que cela demande des moyens financiers. « Est-ce que le respect de la dignité des personnes âgées n'est pas un objectif majeur ? », a-t-elle interrogé.
Une loi grand âge devenue une arlésienne
Depuis des décennies, les acteurs du secteur réclament une loi de programmation pluriannuelle sur le grand âge, similaire à celle existant pour les armées, pour répondre aux défis du vieillissement de la population. Cependant, cette loi est devenue une arlésienne sous la présidence Macron. Promise au début du premier quinquennat, elle n'a jamais été adoptée, principalement en raison de questions financières.
À défaut, un plan grand âge devait être présenté le 12 février pour définir les réponses à apporter aux personnes en perte d'autonomie et proposer des scénarios de financement. Mais ce plan a été reporté sine die avec l'annonce du départ de Charlotte Parmentier-Lecocq, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie, qui était responsable du dossier au gouvernement.
La maltraitance persiste dans les Ehpad
Quatre ans après le scandale Orpea, qui a révélé des cas de maltraitance et de malversations financières, la Défenseure des droits a indiqué recevoir « pas mal de réclamations sur des situations de maltraitance qui perdurent dans les Ehpad ». Claire Hédon s'est également inquiétée de la « peur de représailles » des familles qui alertent l'autorité indépendante sur des dysfonctionnements, mais qui finissent par se désister par crainte de représailles sur leurs proches. Elle a décrit cette situation comme « fréquente ».
En conclusion, le report du plan grand âge soulève des préoccupations majeures quant à la protection des droits et de la dignité des personnes âgées en France, avec des enjeux critiques liés à l'encadrement dans les Ehpad et la lutte contre la maltraitance.



