Résidents, salariés, habitants et élus interpellent le Département. "Défendre nos seniors, c'est défendre notre humanité", "Nos aînés ne sont pas des chiffres", "La résidence doit vivre", "Fermer une résidence, c'est fermer des vies" : telles sont quelques-unes des inscriptions écrites sur des morceaux de carton que certains tenaient à bout de bras hier matin, de 7 h à 9 h, devant la résidence autonomie de la Capelle, anciennement Foyer logements. Résidents, salariés, familles et habitants étaient venus en soutien, maire et élus municipaux compris, soit près d'une centaine de personnes, pour attirer l'attention sur la situation de la trésorerie de l'établissement.
Une structure en danger de fermeture
Une pétition et un tract circulent pour exprimer une profonde inquiétude face au risque de fermeture de l'établissement (notre édition du samedi 30 mai). Cet établissement social et médico-social (ESMS) accueille actuellement 65 résidents. Il est agréé par le conseil départemental et la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). C'est l'ancien maire Sébastien David, vice-président du Département, qui préside l'association qui gère la résidence d'autonomie de la Capelle. "L'objectif de la mobilisation est de sensibiliser les citoyens du bassin Saint-Affricain puisque notre structure est réellement en danger de fermeture, pas sur le court terme, mais sur le moyen terme, déclare au micro Céline Bosc, directrice la résidence. On ne paye plus les loyers au propriétaire du bâtiment Sud Massif central Habitat. Cela nous permet d'avoir une soupape de sécurité. Sur le long terme, si on n'a pas ces fonds-là, on ne pourra pas continuer à vivre dans les conditions actuelles."
La direction de la résidence doit rencontrer cette semaine le président du Département Arnaud Viala. Céline Bosc a reçu dimanche le député Jean-François Rousset. "Les résidences autonomie sont en très grosses difficultés financières, que ce soit à Millau, à Salmiech et autres, conclut la directrice. En attendant, c'est notifié dans la loi que l'on doit être compensé. Puisque c'est un droit, on va leur demander effectivement pourquoi ils ne nous l'ont pas versé."
Des résidents inquiets
De nombreux résidents étaient assis sur des chaises, le long du trottoir, pendant que certains faisaient signer la pétition aux automobilistes. "On ira dormir sous les ponts, déclare Michèle, 79 ans. Nous avons tous peur. Nous sommes très bien ici. Aucun d'entre nous ne sait où aller." Valéry Brengues, 60 ans, espère que la situation ne va pas durer : "Dans la résidence, nous sommes une communauté. Le personnel est formidable. On est une famille. Si la résidence ferme, on va être perdu. Certains ont vendu leur maison pour être à la résidence. Si elle ferme, ils risquent d'être à la rue. Certains aujourd'hui ne dorment pas la nuit car ils ont peur d'être dehors du jour au lendemain." Pour des familles, avoir une personne âgée à la résidence "est une super solution. Cela permet de rester autonome en étant bien entouré".
Soutien des élus et des associations
Bernard Boulot, coprésident du Manifeste de défense des hôpitaux de proximité du Sud-Aveyron, soutient lui aussi les résidents et les salariés : "On trouve complètement anormal que le Département n'ait pas avancé l'argent pour permettre de poursuivre le fonctionnement, sachant que le président de la résidence d'autonomie est en même temps vice-président du Département." Présent aussi Clément Carles, le nouveau maire, pour apporter son soutien et celui de la Ville.
Pourquoi une telle mobilisation ?
Pour faire simple, suite à la mise en place des oubliés du Ségur de la santé, la loi a obligé les ESMS à faire en janvier 2025 une régularisation de revalorisation des salaires sur toute l'année 2024. Et jusqu'à présent, ni l'État, ni le Département n'ont remboursé cette avance de fonds pour ce surcoût concernant l'année 2024. La situation est la même pour les salaires depuis janvier 2026. Ce qui au total représente une avance de trésorerie de 54 000 € pour la résidence de la Capelle. L'objet de la manifestation est de demander ce remboursement par la CNSA via le Département qui fait office de boîte aux lettres. Et dans cette attente, obtenir un fonds d'urgence de 54 000 € auprès d'une collectivité publique. Face à cette situation, la résidence autonomie a dû souscrire un emprunt de 35 000 € pour couvrir l'année 2024.



