SNSM Frontignan : des bénévoles en première ligne sur le littoral cet été
SNSM Frontignan : bénévoles en première ligne cet été

Les quatorze bénévoles de la station SNSM de Frontignan sont fin prêts pour un été chargé. Entre prévention, remorquages et opérations de sauvetage, ils veillent sur un littoral où la Méditerranée peut rapidement devenir piégeuse. Mardi 30 juin, Aurélien, Benoît et Aurélie montent à bord du seul bateau de la station, un semi-rigide de 7 mètres équipé d’un moteur de 2x150 cv, pour un exercice d’entraînement de sauvetage d’un homme à la mer.

Un entraînement réaliste pour parer à toute éventualité

L’embarcation quitte doucement le port de plaisance de Frontignan-Plage avant de prendre de la vitesse une fois au large. Le temps est au beau fixe, la Méditerranée parfaitement calme. Cap est mis sur Sète. La radio VHF est réglée sur le canal 16, réservé aux messages de détresse, d’urgence et de sécurité. Les communications se succèdent, mais rien à signaler dans leur périmètre d’intervention, qui s’étend de Sète à Villeneuve-lès-Maguelone. Une fois au large, Aurélien coupe le moteur. Benoît se jette à l’eau. Le pilote manœuvre alors pour éloigner le bateau de l’homme à la mer, avant de se rapprocher prudemment, moteur coupé et safran à l’arrière pour ne pas le blesser avec la pale, pendant qu’Aurélie se prépare à le hisser à bord. Mission accomplie.

Des interventions variées tout au long de l’année

Bateaux en rade en pleine mer, accidents de plongée, baigneurs disparus, kitesurfeurs à la dérive… Quel que soit le cas de figure, les bénévoles de la station répondent toute l’année aux appels dans leur secteur. Ils sécurisent aussi les événements nautiques tels que la Saint-Pierre, Escale à Sète ou la Saint-Paul à Frontignan. Avec l’arrivée massive des vacanciers, baigneurs, plongeurs et plaisanciers, la saison s’annonce chargée. Car la Méditerranée, malgré ses allures de mer d’huile, peut se révéler redoutable. « Le temps change rapidement en Méditerranée. C’est une fausse mer calme. On peut vite se retrouver piégé, surtout les plaisanciers qui ne la connaissent pas », rappelle Benoît.

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80 % des interventions : des remorquages

Sur la dizaine d’interventions réalisées par an, 80 % concernent le remorquage des bateaux, le plus souvent en panne près du brise-lames de Sète, faute d’avoir fait le plein ou rechargé les batteries. Ces interventions devraient toutefois se réduire cette année, entre le coût du carburant, qui dissuade certains plaisanciers, et la multiplication des actions de prévention. « On a parfois des accidents de plongée, mais c’est plutôt rare. Il en est de même pour des baigneurs. La situation la plus délicate pour nous est la disparition des baigneurs. Le stress s’accroît en cas de gros temps ou de brume », complète Aurélien, le nouveau président de la SNSM de Frontignan.

Des bénévoles aux profils variés, une même passion

Infirmier, moniteurs de plongée et de voile, fonctionnaires territoriaux, professeur de philosophie, joueur de rugby professionnel, ouvrier sur un chantier naval, salariés du port… Les quatorze bénévoles viennent d’horizons différents, mais partagent la même passion de la mer et la même vocation : venir en aide aux autres. « On est tous quasiment sur l’eau et dans le secourisme », résume Benoît. Infirmier depuis 2015 au CHU de Montpellier, Aurélien a rejoint la SNSM en 2016. « J’ai toujours eu envie de travailler en mer. J’avais même envisagé un temps de travailler au Samu côtier à Toulon, mais comme il y avait peu de sorties en mer, j’ai renoncé », raconte-t-il. Détenteur des permis côtier et hauturier, du brevet national de sécurité et de sauvetage nautique, ancien moniteur de voile, il n’a jamais résisté à l’appel du large. Comme lui, Aurélie et Benoît, moniteurs de plongée indépendants, ont rejoint la station il y a un an.

Sauver des vies malgré les incivilités

Un seul objectif les anime tous : sauver des vies. « Même si les incivilités se multiplient en mer et que le partage de cet espace devient de plus en plus complexe. En revanche, les gens que l’on va chercher sont plutôt contents de nous voir », conclut Aurélien.

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