Depuis l'altercation entre un restaurateur et un automobiliste sur l'avenue des Frères-Roustan à Golfe-Juan, samedi 8 août 2026, les professionnels redoublent de prudence pour rejoindre leurs terrasses de l'autre côté de la route. Ils espèrent de nouveaux aménagements pour améliorer la sécurisation de cet axe très fréquenté.
Des traversées périlleuses au quotidien
Sur l'avenue des Frères-Roustan, dès 10 h 30, voitures, poids lourds et deux-roues s'enchaînent sur cet axe limité à 30 km/h. D'un côté de la route, les serveurs, déjà en service, regardent prudemment à droite, à gauche, avant de s'engager pour rejoindre les terrasses, situées de l'autre côté. Les véhicules, eux, semblent rouler plus vite que la vitesse affichée.
« On est habitués à traverser tranquillement. Quand je les vois arriver vite, je les laisse passer. Mais c'est compliqué », tente de rassurer Christèle, serveuse au restaurant Le 61.
Des incidents à répétition
Quelques jours plus tôt, Fabrice Fumia, gérant de l'établissement Le Jardin du port, a été roué de coups par un automobiliste, après avoir percuté sa voiture avec sa jambe à un passage piéton, le conducteur ayant, d'après lui, refusé de le laisser traverser. « On aura beau mettre des feux ou des clignotants partout, c'est une question de comportement individuel », confiait-il au lendemain de l'altercation, le 10 août 2026.
Un jour plus tard, une septuagénaire a été renversée par un poids lourd, en haut de l'avenue. Des accidents qui ne sont malheureusement pas des cas isolés : « Une fois, je traversais et j'ai touché la voiture qui ne m'avait pas vu. Je lui ai dit "attention", et le conducteur est venu au contact, front contre front […]. Nous, on prend sur nous », se rappelle Ornella, serveuse à la brasserie familiale L'Escale, ouverte depuis un peu plus de dix ans. Pour elle, « le problème, c'est la vitesse et l'agressivité des gens… Mais on ne peut rien y faire », estime la jeune femme, qui a remarqué que « les touristes font attention et ne roulent pas vite. Les locaux, c'est différent ».
Des solutions attendues
Une avenue « qui manque de sécurité » pour Jean-Marie Sabio, restaurateur Chez Fanfan, ouvert en 2023. « Je me demande comment il n'y a pas eu plus d'accidents », s'interroge-t-il avant d'ajouter : « Selon moi, il y a des ratés au niveau de la police municipale. Je ne comprends pas comment elle fonctionne […] mais rendez les policiers visibles ! Ils savent qu'ici, entre midi et 15 h, il y a des serveurs et serveuses qui traversent la route. Il faudrait placer deux ou trois agents. »
Une mise en place qui existait il y a déjà quelques années de cela, dont Julien, patron du bar à vin Le 61, se souvient : « Il y avait des CRS qui restaient sur le parking au bout de l'avenue en juillet et en août, ça calmait tout le monde. » Lui aussi se rappelle avoir évité un accident. « Ma fille traversait, lorsqu'un conducteur a doublé une autre voiture avec sa Mercedes », raconte-t-il.
La solution pour lui ? « Des feux radars. À Narbonne, ils en ont installé et ça m'a convaincu. Dès que vous dépassez la vitesse, il détecte de loin et passe au rouge », détaille-t-il, ajoutant également l'idée d'un éclairage aux abords des passages piétons – un dispositif déjà mis en place à Vallauris après l'accident de la petite Kamylia, au niveau de l'avenue du Tapis-Vert. Ou encore des séparateurs de route en caoutchouc pour éviter les excès de vitesse ou le dépassement de la ligne continue par les deux-roues.
« On a peur au quotidien »
D'autres préfèrent une solution plus radicale : un radar. « Il y a environ deux ans, un de nos serveurs s'est fait renverser par une trottinette électrique », se souvient Vanessa, responsable du restaurant Le Petit Patio. Une solution envisageable pour les communes, à condition d'une autorisation préalable des services de l'État.
Pour Axel, l'un des serveurs, « on a peur au quotidien. Ce serait bien de mettre des lumières bleues, deux ou trois dos-d'âne et qu'idéalement, on ne coupe pas l'éclairage public à la mi-saison ».



