Frontignan : des bordures en acier Corten éclatent les pneus
Frontignan : des bordures en acier éclatent les pneus

À Frontignan, les bordures de trottoirs en acier Corten, installées le long du boulevard urbain central (Buc) sur 1,8 km, sont pointées du doigt pour leur dangerosité. De nombreux automobilistes ont vu leurs pneus se déchirer au contact de ces fines tranches métalliques, au point qu'une habitante envisage de saisir la mairie.

Des pneus déchirés en série

Depuis l'installation de ces bordures, entre 2009 et 2013, sous le mandat de l'ancien maire Pierre Bouldoire, les témoignages de crevaisons se multiplient. Jacqueline, qui emprunte régulièrement le Buc, raconte : « L'esthétique, c'est une chose, la sécurité, c'en est une autre. » Elle a dû remplacer un pneu après avoir frôlé le trottoir en se rabattant. Françoise, elle, a subi le 18 juillet dernier une mésaventure plus coûteuse : enjoliveur envolé, jante tordue, deux pneus déchirés.

Le 27 juillet, Françoise publie un post sur les réseaux sociaux. Une centaine de commentaires affluent, révélant une véritable épidémie. Un internaute écrit : « Oui, c'est arrivé à beaucoup de monde sur Frontignan. » Un autre précise : « Moi aussi, j'ai ouvert mon pneu la semaine dernière pour éviter une voiture. Le garagiste m'a dit qu'il avait eu trois pneus comme le mien à arranger. »

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Des professionnels témoignent

Dans un garage avenue du Muscat, un mécanicien confirme : « C'est encore arrivé hier. On en a un paquet depuis l'installation de ces aménagements. Même un bus de la ville en a fait les frais. » Le gérant d'un autre garage affirme n'avoir jamais observé un tel phénomène ailleurs. Dans une station essence, la caissière évoque des crevaisons régulières, y compris celle d'un poids lourd récemment.

Le restaurateur du VN Burger, installé depuis quatre ans et demi avenue du Muscat, sur une portion encore épargnée, confirme : « Et encore, je ne vois pas tout. » La cave coopérative voisine, par la voix de son président William Juan, juge l'aménagement « sans intérêt » et « dangereux », et l'a fait savoir oralement au maire.

Une habitante veut saisir la mairie

Françoise, choquée qu'un tel revêtement soit autorisé sur des trottoirs empruntés par des enfants, des personnes âgées, des cyclistes et des usagers de trottinette, a écrit à la municipalité pour demander un rendez-vous et une participation au remboursement de sa franchise. Plusieurs internautes ont proposé de l'accompagner, estimant qu'il « faut saisir la mairie ». L'un d'eux a même suggéré de créer une « association des victimes de ces bordures tranchantes ».

La réponse de la municipalité

La Ville précise que ces aménagements « s'inscrivaient dans le projet de requalification de l'ancienne RN2112 », visant à instaurer des zones à 30 km/h, réduire la largeur de la chaussée pour inciter à ralentir, élargir les trottoirs et en aménager certains avec des bordures en acier Corten, « élément de mobilier urbain ». Depuis 2013, la Ville n'utilise plus ce type de bordure pour ses nouveaux aménagements, comme l'explique la municipalité : « Les opérations plus récentes, notamment avenues Célestin-Arnaud (400 m de linéaire), Maréchal-Juin (700 m de linéaire entre Intermarché et le Mas Reboul) et route de Montpellier (700 m de linéaire) ont été réalisées avec des bordures classiques. »

Concernant l'avenue du Muscat, la section entre la cave coopérative et le secteur Marie Blachère « n'a pas encore fait l'objet d'études précises avant travaux et aucun choix n'a été retenu pour l'instant ». La Ville affirme recevoir en moyenne « deux courriers ou déclarations par an concernant ces bordures », et précise que « chaque conducteur doit rester maître de son véhicule. Dans la très grande majorité des situations signalées, les dommages relèvent donc de la responsabilité de l'automobiliste et ne donnent pas lieu à une prise en charge par l'assurance de la commune », sa responsabilité n'étant engagée que lorsqu'un « défaut d'entretien de l'ouvrage est établi ».

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