Dans cette tribune libre, Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes et à l'origine de la loi créant un « homicide routier », appelle à poursuivre le combat contre les violences routières. Il rappelle que Jacques Chirac, visionnaire, avait élevé la sécurité routière au rang de cause nationale il y a 26 ans, contribuant à diviser par deux le nombre de tués sur les routes en dix ans, passant de 8 000 en 2002 à 4 000 en 2012. Cependant, depuis 2013, cette ambition collective n'a plus d'effet sur le nombre de victimes.
Une tendance repartie à la hausse
Malgré des évolutions réglementaires et législatives, ainsi que des efforts en matière d'investissements, de prévention et de contrôles, la tendance est repartie à la hausse récemment. Eric Pauget insiste sur la nécessité d'une prise de conscience renouvelée, car la fatalité supposée ne peut être un prétexte à l'immobilisme. Il évoque les 3 500 vies fauchées chaque année, les 16 000 blessés graves et les familles brisées, mais aussi le coût induit pour la société.
Un coût estimé à 104 milliards d'euros
Selon une étude menée par l'Université Gustave Eiffel, le coût total de l'insécurité routière s'élèverait en 2024 à 104 milliards d'euros, soit 3,6 % du PIB. Ce montant agrège notamment les coûts liés aux pertes humaines, les dépenses hospitalières pour les blessés graves et légers, ainsi que les dégâts matériels. Il inclut également les coûts administratifs associés au 1,21 million d'accidents matériels déclarés, aux 611 000 dommages véhicules et à la perte de production.
Eric Pauget souligne que chaque victime directe d'accident grave génère en moyenne 9 co-victimes dont les vies sont aussi brisées ou fortement impactées. Le bilan humain réel, incluant les co-victimes, apparaît donc considérablement plus élevé.
Appel à une journée d'hommage national
Le député appelle de ses vœux la création d'une journée d'hommage national aux victimes de la route, car aucun chiffre ne pourra jamais quantifier les souffrances insupportables et inacceptables. Il estime que la plupart de ces drames absolus sont évitables et qu'à l'heure où la loi créant l'homicide routier sanctionne plus fortement les conducteurs dangereux, on ne peut se résoudre à considérer l'insécurité routière comme une fatalité.
Agir plus efficacement
Eric Pauget appelle à renouer avec une véritable culture de l'anticipation et de l'évaluation. Il est urgent, selon lui, de connaître le véritable impact des violences routières sur nos comptes publics et sur notre déficit, sur la base d'une accidentalité routière officielle, globale et fiable. Il conclut : « Pour qu'en matière de sécurité routière, le coût de l'inaction ne dépasse jamais celui de l'action ! »



