Le colonel Michel Persoglio, figure emblématique des sapeurs-pompiers du Var, s'apprête à prendre sa retraite après plus de 40 années de service. De pompier volontaire à l'État-major, il a gravi tous les échelons et laissé une empreinte indélébile dans le corps départemental. À quelques semaines de son départ, il se confie sur son parcours, les transformations du métier et les enjeux à venir.
Une carrière riche et variée
« Je ne me suis jamais ennuyé », affirme-t-il. Ce qui l'a séduit, c'est la diversité des missions : gestion du personnel, du matériel, des interventions, participation à des réunions stratégiques. « Peu de gens font tout cela en restant au bureau. Passer les épreuves pour en arriver là, c'est vouloir se confronter à la nature. »
Le rôle de chargé de mission Études et prospective
Depuis 2019, il occupe un poste clé à l'État-major, centré sur la protection des personnes, des biens et de l'environnement. « Nous devons anticiper les évolutions, analyser les matériels et techniques, et tirer les leçons des interventions marquantes. L'objectif est de s'améliorer sans chercher de coupable. »
Il souligne la complexité de leur mission : « Nous intervenons quand la normalité est rompue. Il est difficile d'établir des règles pour l'anormal. Chaque collègue peut avoir une idée géniale ; il faut la partager. »
Les qualités d'un bon cadre
Pour lui, un cadre doit analyser les enjeux et se demander si le risque en vaut la chandelle. « Être formé, c'est connaître les bases. Être expérimenté, c'est connaître les exceptions. Le cadre doit mobiliser ses connaissances et son expérience pour que l'intervention se déroule bien et que tout le monde rentre à la maison. C'est notre leitmotiv. »
Un métier en constante évolution
En 40 ans, le colonel a vu le métier se transformer : matériel, connaissances, nature des feux. « Le feu évolue, notamment le feu urbain, à cause des isolants et des matériaux. Notre métier est une adaptation permanente. Le prochain défi sera les feux de véhicules électriques. »
Il rappelle que l'activité visible ne représente que 3 % du travail. « Les 97 % restants sont nécessaires pour que ces 3 % se passent dans les meilleures conditions : achats, recrutement, formation, équipement. Nous sommes les seuls à être disponibles 24h/24 sur tout le territoire. »
La saison à venir et le pompier du futur
Interrogé sur la saison estivale, il reste prudent : « Je fais le bilan le 31 décembre. Tout dépend de la météo. Plus de 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, volontaire ou non. »
Quant au pompier du futur, il le voit « comme l'ancien, avec plus de connaissances techniques, mais le même courage et le même dévouement. Ce sera plus compliqué, donc il faudra encore plus d'engagement. »
Confidences personnelles
Le colonel partage ses coups de cœur : l'Esterel, les gorges du Verdon, Tamaris, le sommet du Faron. Avec une baguette magique, il souhaiterait « donner de la résilience aux Varois et visiteurs pour qu'ils veillent à leur propre sécurité ». Ce qui lui manque loin du Var ? « Mes amis, la mer, le soleil, l'amour de la vie. » Vivre ailleurs ? « Comment imaginer quitter le Var ? Sinon, certaines régions d'Italie lui ressemblent. »
Le matin, il est de bonne humeur grâce au beau temps, aux cigales et à la chaleur, mais ces mêmes éléments peuvent le mettre de mauvaise humeur à cause des risques qu'ils génèrent.



