La ministre déléguée à la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a demandé à la Sécurité routière d'étudier la généralisation du port du casque obligatoire pour tous les cyclistes et les usagers de trottinettes électriques, sur l'ensemble du territoire. Cette mesure, si elle aboutit, simplifierait considérablement un imbroglio réglementaire qui varie selon les départements et les villes.
Des règles incohérentes selon les territoires
Actuellement, le port du casque à vélo n'est obligatoire que pour les moins de 12 ans, tandis que pour les trottinettes électriques, il est requis pour tous hors agglomération. Les arrêtés préfectoraux et municipaux ajoutent des couches de complexité : dans le Nord, le préfet rendra le casque obligatoire partout pour les EDPM dès le 1er septembre 2026, une mesure déjà en vigueur dans les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, ou des villes comme Compiègne et Romilly-sur-Seine.
Cette disparité est difficile à justifier. Pourquoi un cycliste à 25 km/h serait-il moins exposé qu'un trottinettiste à la même vitesse ? La majorité des accidents mortels d'EDPM surviennent hors agglomération, ce qui a motivé l'obligation du casque dans ces zones. Mais en ville, les risques sont pourtant réels, comme le souligne la ministre : « Les équipements obligatoires sont déterminés au regard de l'exposition aux risques », citant le différentiel de vitesse, la présence de poids lourds et l'état de la chaussée.
Vers une simplification radicale
Face à la multiplication des règles locales, la ministre souhaite harmoniser les choses. Son cabinet a confirmé à 20 Minutes qu'elle a demandé à la Sécurité routière de réfléchir à une généralisation du casque obligatoire « en toutes circonstances et sur l'ensemble du territoire ». Une décision qui pourrait faire râler certains, mais qui répond à une logique de clarté et de sécurité.
La réglementation actuelle est établie par décret, après avis du Conseil d'État, à l'initiative du ministre de l'Intérieur, en associant les ministres des transports et de la justice, précise Marie-Pierre Vedrenne. Les acteurs du secteur sont consultés avant l'entrée en vigueur. Mais les arrêtés locaux viennent souvent brouiller les cartes, créant une mosaïque de règles difficiles à connaître pour les usagers.
Si la réforme aboutit, elle simplifierait la vie des cyclistes et des trottinettistes, qui n'auraient plus à se demander s'ils doivent porter un casque selon qu'ils traversent une commune ou une autre. En attendant, il est conseillé de se renseigner auprès des autorités locales, car nul n'est censé ignorer la loi.



