Accidentologie Ouest Hérault : hausse des accidents et des seniors tués
Accidentologie Ouest Hérault : hausse des accidents et seniors tués

Pour le premier semestre 2026, Midi Libre Béziers présente les chiffres de la sécurité routière dans l'Ouest Hérault. Sur le territoire de la compagnie de gendarmerie de Béziers, les victimes de plus de 65 ans ont doublé par rapport à l'année dernière. Dans le Piscénois, ce sont plutôt des personnes plus jeunes, coupables d'inattention.

Chiffres clés sur la compagnie de Béziers

Sur le ressort de la compagnie de gendarmerie de Béziers, qui couvre le littoral biterrois et les hauts cantons jusqu’à la frontière audoise, il y a eu, lors de ce premier semestre 2026, vingt-neuf accidents corporels. Cela représente une augmentation de 16 % sur l’ouest biterrois par rapport à 2025. L’augmentation en pourcentage est plus notable en ce qui concerne les accidents mortels (+25 %). Mais attention aux chiffres bruts : sur la compagnie, on déplore quatre morts au lieu de trois l’année précédente. En revanche, il y a eu moins de blessés : trente cette année contre trente-cinq en 2025.

Les causes principales et les jours à risque

Les statistiques établies par les militaires de la gendarmerie relèvent que les jours les plus accidentogènes pour les motards sont les dimanches, surtout dans les hauts cantons. Pour l’ensemble des victimes (morts et blessés), les accidents ont essentiellement eu lieu entre 12 h et 18 h. La première des causes est la vitesse, suivie de l’alcool, puis de l’inattention au volant. La consommation de stupéfiants et les malaises suivent de près.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L’âge des victimes se situe entre 25 et 64 ans, sachant que cette année, sans explication, 15 accidents ont eu pour victime des personnes de plus de 65 ans. Il n’y en avait eu que sept en 2025. « Se pose alors la question de savoir si ces conducteurs ont toujours la capacité de conduire, même s’il n’est pas dit que ces victimes ont toutes été à l’origine des accidents », insiste le chef d’escadron Ivan Ephritikine.

Points de satisfaction et fléau du téléphone

Sur ce premier semestre, il y a tout de même quelques points de satisfaction. Il y a eu 7,8 % d’infractions en moins relevées. On passe de 195 infractions relevées à 130 cette année, soit 33 % de moins. Mais on note une forte augmentation de véhicules immobilisés pour diverses raisons et aussi 20 % de dépistages alcool et stupéfiants réalisés en plus.

Enfin, les militaires reconnaissent qu’il y a une trop forte hausse de personnes contrôlées au volant de leur voiture, téléphone en main. « C’est un fléau, confirme le chef d’escadron Ivan Ephritikine, commandant la compagnie de Béziers. Pour l’instant, tout est contenu, mais il ne faudra surtout pas se relâcher. Nous devons rester prudents face aux statistiques, mais nous sommes attentifs à tout ce qui se passe dans les hauts cantons pour les deux-roues. » Le chef d’escadron ajoute : « Le réseau routier ne présente vraiment aucune difficulté. Seule la météo peut avoir un rôle négatif. Sinon, nous n’avons pas d’explications significatives pour expliquer ces accidents. Chaque accident est un drame en soi, mais pour l’heure, les chiffres sont plutôt stables. »

Le Piscénois : baisse des accidents mais hausse des morts

Du côté de la compagnie de gendarmerie de Pézenas, le nombre d’accidents connaît une légère baisse de 10 % environ, lors du premier semestre 2026, avec toujours une trentaine d’accidents. Concernant les décédés, il y a, en revanche, une augmentation de plus de 100 % : on est passé de deux à la même date, à mi-année, contre cinq en 2026. « En raison du double accident mortel de début juin à Pézenas et de l’accident entre Pouzolles et Roujan juste après. Sinon, de janvier à fin mai, nous étions stables, précise le commandant de la compagnie de Pézenas, le chef d’escadron Laurent Andriola. La bonne nouvelle, c’est cette tendance à la baisse au niveau des accidents, mais aussi la part résiduelle des causes liées à la vitesse, l’alcool et aux stupéfiants. Cela prouve que nos actions de contrôle et les campagnes de sensibilisation sont efficaces. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

L'inattention, point noir du Piscénois

En revanche, l’accidentologie du Piscénois revêt d’un point noir, et les gendarmes disposent de peu de ressorts pour agir sur lui : l’inattention. « C’est la cause principale des accidents sur la zone de la compagnie et on ne comprend pas trop pourquoi, déplore le chef d’escadron Andriola. Le double accident mortel de Pézenas en est malheureusement le symbole. » Le 2 juin dernier, un octogénaire a effectivement traversé la bande blanche au milieu de la RD13, près de Pézenas, puis percuté frontalement un autre conducteur âgé face à lui. Bilan : les deux automobilistes tués.

Surtout, lorsque les statistiques des accidents sur le secteur sont vues de plus près, il y a une très grande majorité qui a lieu entre 12 h et 15 h et entre 18 h et 21 h. « C’est-à-dire lors des sorties du travail, décrit le patron des gendarmes de la compagnie de Pézenas. Les causes sont multiples, mais il y a surtout la fatigue au volant des actifs, qui sont les plus impliqués. »

Prudence et covoiturage

Même si les accidents ont baissé sur le Piscénois, le nombre de personnes impliquées a, lui, presque doublé. Sans doute en raison de la pratique du covoiturage qui est de plus en plus répandue. Comment faire pour que tout le monde arrive sain et sauf à destination ? « Il faut que les automobilistes comprennent que cette inattention sur les trajets habituels est dangereuse, répond Laurent Andriola. S’il y a de la fatigue, il ne faut pas hésiter à se relayer. Et rester attentif à soi mais surtout aux autres usagers de la route. »