Une jeune Aveyronnaise de 34 ans, prénommée Alice, a raconté au journal Midi Libre les violences gynécologiques qu'elle a subies lors d'une consultation en février. Infirmière de profession, elle décrit une scène "humiliante" et "interminable", durant laquelle un médecin l'a traitée comme "un bout de viande".
Une grossesse extra-utérine prise en charge dans une maternité
Alice a fait une grossesse extra-utérine en début d'année. L'embryon se développait là où il ne devait pas, ce qui constitue une urgence gynécologique. Avant le diagnostic, elle présentait des symptômes inquiétants : "J'avais des saignements inexpliqués, mes Bêta HCG (hormone de grossesse) n'augmentaient pas."
Un premier médecin lui a administré une injection pour arrêter la grossesse et éviter des complications, mais le traitement n'a pas fonctionné. Une nouvelle consultation a alors été organisée avec un autre médecin, celui-ci ayant contacté Alice directement. "Il m'a dit qu'il avait eu vent de la situation et qu'il voulait faire un point. Heureusement, mon compagnon m'a accompagnée à la consultation", se souvient-elle.
Une échographie de 30 minutes vécue comme une humiliation
Le jour de la consultation, un premier gynécologue a réalisé une échographie endovaginale, qui a permis de localiser la grossesse extra-utérine. C'est alors qu'un second médecin est entré dans la pièce "sans frapper". Alice raconte : "Il s'est présenté à moi, s'est mis devant moi alors que j'étais en position gynécologique, en engueulant presque son collègue d'avoir commencé l'examen, alors que j'avais encore la sonde en moi."
Le second gynécologue a alors décrété qu'Alice devait tenir la sonde elle-même pendant qu'il ajustait le siège et la table d'examen. "Il s'est agacé et a dit : 'Madame va tenir la sonde.' Donc, je me suis retrouvée dans une position hyperhumiliante, où je tenais la sonde en moi pendant qu'il faisait ses réglages", témoigne-t-elle. L'examen a duré plus de 30 minutes, une durée qu'elle n'avait jamais connue pour une échographie. "Son collègue avait déjà vu où était la grossesse extra-utérine, mais il l'a mesurée, remesurée, remesurée… Moi je pleurais, je pleurais, je n'étais même plus consciente de moi-même", ajoute Alice.
Des propos choquants et un mépris affiché
Après l'examen, le second médecin a tenu des propos particulièrement durs. "Il m'a dit qu'il fallait m'opérer, qu'à l'intérieur tout était pourri, qu'il y avait du sang partout, que je ne tomberai plus jamais enceinte de manière classique", rapporte Alice. Il s'est ensuite tourné vers son compagnon, également infirmier, en lui demandant : "Vous êtes du milieu. Qu'est-ce qu'on fait ? On l'opère ou pas, votre dame ?"
Le médecin a également manifesté son mépris lorsque des sages-femmes ont posé une serviette sur le bassin d'Alice pour préserver son intimité : "Il a levé les yeux au ciel et rigolé." Alice est sortie de cette consultation "complètement déboussolée, choquée, effrayée".
Une prise en charge à Montpellier et une opération vitale
Alice a dû recevoir une deuxième injection pour mettre fin à la grossesse, puis a été prise en charge à Montpellier quelques jours plus tard, ne souhaitant pas revoir ce médecin. L'une de ses trompes de Fallope avait rompu, constituant une urgence vitale, et elle a finalement été opérée.
L'infirmière ne souhaite pas révéler le nom de la maternité où les faits se sont produits. "Cette maternité est plus ou moins en danger, je n'ai pas envie qu'elle ferme", explique-t-elle. Elle précise que le reste du personnel était "super avec moi".



