Var : champion d'Europe des accidents de plongée, un numéro d'urgence unique
Var : 210 accidents de plongée en 2025, le 196 comme bouée de sauvetage

Le Var, champion d'Europe des accidents de plongée, a mis en place une filière de secours spécifique. L'appel au 196 vise à limiter les séquelles. Réputé pour ses sites sous-marins exceptionnels et très fréquentés, le département a enregistré 210 accidents de plongée en 2025. L'organisation de la chaîne des secours permet de traiter les victimes dans un délai de trois heures et de réduire significativement le taux de séquelles, selon le médecin en chef Jean, spécialiste de médecine hyperbare à l'Hôpital National d'Instruction des Armées (HNIA) Sainte-Anne à Toulon.

Un record européen inquiétant

Le Var est le berceau de la plongée subaquatique, avec plus de 400 000 plongées estimées par an. C'est le premier département français en termes de pratique, mais aussi en termes d'accidents. « En la matière, le Var est champion d'Europe et bat chaque année son propre record », explique le médecin en chef Jean. En 2025, 210 accidents ont été recensés, et 72 depuis le début de l'année 2026. Ces accidentés sont pris en charge par une filière de secours spécifique, impliquant les écoles de plongée, le CROSS MED, le Samu maritime et le service de médecine subaquatique et hyperbare de l'HNIA Sainte-Anne.

La règle d'or : appeler le 196

« Tout signe anormal pendant une plongée ou dans les 24 heures qui suivent justifie un appel au 196 ou sur le canal 16 de la radio VHF en mer. Dans le doute, pas de doute ! » insiste le médecin en chef Jean. Cet appel déclenche la chaîne des secours de l'action de l'État en mer : le CROSS MED récupère l'appel et le transmet au Samu maritime, qui peut solliciter l'avis des médecins hyperbaristes. Les plongeurs hélicoptères de la BAN d'Hyères accompagnent les médecins pour récupérer la victime, qui est ensuite traitée au service de médecine hyperbare de l'HNIA Sainte-Anne.

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Un objectif : traiter en moins de trois heures

Le recours au 196 permet de répondre à un objectif majeur : traiter le patient en moins de trois heures. « La recompression doit idéalement débuter dans les trois heures suivant les premiers signes de l'accident de décompression. C'est un facteur pronostic majeur », souligne le médecin. Des études fiables montrent une amélioration notable : « Le taux de séquelles est passé de 33 % en 2022 à 12 % en 2025 », grâce à la réduction du délai de prise en charge.

Information et prévention

Les clubs varois connaissent parfaitement cette procédure, unique en France. Chaque année en mars, moniteurs et régulateurs du CROSS MED participent à une journée d'information avant la saison, ce qui permet d'avoir une chaîne de secours très réactive. Après chaque accident, les inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports enquêtent pour comprendre les circonstances et mènent des actions de prévention. Le défi reste de transmettre l'information à tous les vacanciers clients des structures varoises : « Ce n'est pas facile de leur parler d'emblée du risque d'accident, mais normalement, ils doivent tous être informés et savoir qu'il faut appeler le 196 pour accéder en urgence à une filière de soins spécifique, y compris quand un malaise survient à terre plusieurs heures après la plongée. Ce n'est pas un sport, c'est une activité à risques. »

Prévention et bonnes pratiques

Pour prévenir les accidents, le médecin en chef Jean recommande une reprise progressive en début de saison, sans enchaîner des sites profonds. Il faut préparer sa plongée, s'en tenir au plan, prévoir des jours de repos et limiter le nombre de plongées profondes (plus de 30 mètres) sur un seul week-end. Il souligne aussi l'importance de l'état de santé général : facteurs cardiovasculaires, maladies, opérations et âge doivent être pris en compte, d'où le rôle du certificat médical délivré par un médecin connaissant l'impact physiologique des activités subaquatiques. Le directeur de plongée évalue l'aptitude de chaque plongeur.

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Enfin, si la France est le pays de la plongée à l'air, l'utilisation de gaz enrichi en oxygène (Nitrox) avec des paliers à l'oxygène pur est plus protectrice pour l'organisme lors de plongées à moins de 30 mètres. Pour les plongées plus profondes, il est préférable de rester à l'air avec des paliers à l'oxygène pur. « Ce sont les meilleures pratiques d'un point de vue scientifique. Ne pas les respecter revient à se priver de sa ceinture en voiture ou de son casque à moto », conclut le médecin.